Pakistan: Suspension de l'enquête sur le Premier ministre
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PakistanSuspension de l'enquête sur le Premier ministre

L'Office gouvernemental anti-corruption pakistanais a annoncé lundi qu'il suspendait l'enquête sur les faits de corruption imputés au Premier ministre en attendant les résultats de l'enquête sur la mort d'un enquêteur.

Le gouvernement pakistanais a constitué une commission d'enquête sur la mort mystérieuse d'un agent enquêtant sur l'affaire de corruption présumée, impliquant le Premier ministre Raja Ashraf, et dont la famille récuse l'hypothèse officielle du suicide.

Kamran Faisal, qui travaillait pour le NAB, a été retrouvé mort vendredi dans sa chambre à la résidence d'Islamabad où il vivait avec des collègues. Son corps était pendu à un ventilateur au plafond mais sa famille a affirmé qu'il portait des marques à ses poignets mettant en doute la thèse du suicide.

Il faisait partie de l'équipe d'enquêteurs chargés de déterminer si M. Ashraf et 15 autres personnes ont touché des pots de vin dans le cadre de contrats illégaux d'approvisionnement en électricité signés par le gouvernement lorsque M. Ashraf était ministre de l'Eau et de l'Energie.

«La procédure concernant les contrats illégaux d'approvisionnement en électricité restera suspendue tant qu'on n'aura pas eu les résultats de l'enquête sur le cas Kamran» a précisé le communiqué attribué au président du NAB, Fasih Bokhari.

«Au cas où l'enquête s'avérerait non satisfaisante, le NAB mènera sa propre enquête», a ajouté le communiqué.

Rapport attendu

Pour faire toute la lumière sur l'affaire de corruption présumée, impliquant le Premier ministre, le gouvernement avait nommé à la tête de la commission d'enquête un juge de la Cour Suprême à la retraite, Javed Iqbal. Cette commission devait rendre son rapport d'ici deux semaines, avait indiqué dimanche soir le ministre de l'Intérieur Rehman Malik.

Selon la NAB, M. Faisal souffrait de «stress» et avait des «problèmes psychologiques». L'agent avait demandé par écrit début janvier à être retiré de l'affaire, mais la Cour suprême avait refusé sa demande.

Les proches de la victime récusent tout suicide, un acte désapprouvé par l'islam. Interrogé lundi par l'AFP, le père de Faisal, Abdul Hameed, a dit avoir vu «des marques sur ses poignets. On lui a apparemment lié les mains avant sa mort. Il a été tué».

Ce fonctionnaire à la retraite réclame une enquête «transparente» et que les coupables de la mort de son fils soit châtiés, mais doute qu'une commission d'enquête judiciaire parvienne à faire vraiment la lumière sur sa mort.

En grève

A Lahore, capitale du Pendjab, des fonctionnaires du NAB ont entamé lundi une «grève du stylo», présents au bureau ils travaillent pas, et réclament une enquête indépendante et transparente et une compensation pour la famille, a indiqué à l'AFP un responsable local de l'organisme, Atiqur Rehman.

A l'hôpital général d'Islamabad, le docteur qui a conduit l'autopsie de M. Faisal, Shaukat Kiyani, a indiqué que les premières conclusions indiquaient un suicide, mais que le verdict final ne serait pas connu avant une semaine ou dix jours.

Mardi dernier, la Cour suprême, la plus haute juridiction du Pakistan, avait jeté un pavé dans la mare en demandant l'arrestation des 16 accusés, y compris le Premier ministre Raja Ashraf, montrant son impatience face au peu de progrès effectués selon elle par le NAB dans l'affaire des contrats énergétiques.

Vendredi, la Cour a finalement donné un bref répit à M. Ashraf et aux autres accusés en reportant au 23 janvier l'étude de l'affaire, après que le NAB lui a indiqué que le dossier contre eux n'était pas encore assez étayé pour justifier leur arrestation. (afp)

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