Politique monétaire: Swatch Group réclame davantage de la BNS

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Politique monétaireSwatch Group réclame davantage de la BNS

Malgré une année 2013 record, la force du franc continue de préoccuper Swatch Group. De nouvelles mesures de politique monétaire sont nécessaires, estime le patron du groupe Nick Hayek.

La Banque nationale suisse (BNS) s'est montrée active en la matière, mais il est temps d'aller encore plus loin, a déclaré Nick Hayek, à l'adresse du président de la BNS Thomas Jordan, lors de l'assemblée générale de Swatch Group mercredi au Vélodrome de Granges (SO). L'introduction de taux d'intérêt négatifs pourrait être discutée, a-t-il précisé en marge de la réunion.

Pour rappel, Swatch Group annonce perdre jusqu'à 60 millions de francs par mois en raison des fluctuations de change. Mais celles-ci seront maîtrisées et les perspectives à long terme sont bonnes, a promis Nick Hayek aux 2977 actionnaires présents dans le Vélodrome flambant neuf et acquis à sa cause.

Swatch Group peut se vanter d'adopter la bonne stratégie et aucun actionnaire n'a contesté. La multinationale a enregistré un exercice record l'an dernier, faisant bondir son bénéfice net de 20,2% à 1,93 milliard de francs. Les comptes 2013 ont ainsi été adoptés à une très large majorité.

«Nouvelle dimension»

Le rachat du joaillier américain Harry Winston, spécialisé dans les diamants, est l'un des événements forts de l'exercice 2013, ce que la présidente du conseil d'administration, Nayla Hayek a tenu à relever. Jusqu'ici essentiellement tourné vers les montres, le portefeuille de Swatch Group a atteint une nouvelle dimension, selon elle.

Préoccupée par la bonne marche de son assemblée générale, Nayla Hayek s'est aussi montrée quelque peu agacée par les nouvelles règles apportées par l'initiative sur les rémunérations abusives. «Ce sera la plus longue assemblée générale de l'histoire de Swatch Group», a-t-elle lancé en ouvrant l'assemblée.

Elus l'un après l'autre et non en bloc, pour une durée d'un an seulement, Nayla Hayek, Ernst Tanner, Nick Hayek, Claude Nicollier et Jean-Pierre Roth ont obtenu les suffrages de l'assemblée. Mme Hayek a en outre été confirmée à la présidence, restant la seule femme à la tête d'une entreprise de l'indice SMI de la Bourse suisse.

Esther Grether, entrepreneuse et soutien infaillible de la famille Hayek depuis des décennies, a en revanche donné sa démission de manière inattendue pour raisons personnelles. Vu la courte échéance de sa décision, l'administratrice septuagénaire n'a pas pu être remplacée.

Dividende suffisant

Les actionnaires ont aussi donné leur aval à l'augmentation du dividende de 11% à 7,50 francs par action au porteur et 1,50 franc par nominative. Swatch Group veut disposer de suffisamment de fonds propres pour parer à des urgences et ne souhaite pas augmenter davantage ces montants, a répondu Mme Hayek à un actionnaire.

Tous les autres points à l'ordre du jour sont passés comme une lettre à la poste. Swatch Group attend l'année prochaine pour changer ses statuts pour se conformer totalement aux nouveaux règlements.

Seule voix discordante dans cette assemblée générale à l'ambiance «familiale», les critiques de l'association d'actionnaires Actares à l'égard du manque de transparence et de responsabilité sociale du groupe. «Nous n'avons rien à cacher», a répondu Mme Hayek.

Prêt pour la montre intelligente

Dans son discours, Nick Hayek est revenu sur la montre intelligente, «smartwatch», sujet de discussions dans le monde horloger actuellement. Réaffirmant son scepticisme, le directeur général de Swatch Group a rappelé les différents modèles de ce type lancés par le groupe depuis 1991 et qui n'ont pas trouvé leur public.

«Nous sommes les pionniers et nous avons de l'expérience en la matière», a-t-il noté. Si la demande se confirme, le groupe sera prêt à y répondre. (ats)

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