Transport aérien - Swiss: «Ce n’est jamais le but de se séparer d’employés»

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Transport aérienSwiss: «Ce n’est jamais le but de se séparer d’employés»

Swiss a annoncé jeudi la suppression de 1700 postes dans le cadre d’un plan de restructuration lié à la pandémie de Covid-19. Pour les syndicats, il faudrait patienter encore.

par
Marion Emonot
Photo d’illustration.

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AFP

Les dirigeants de Swiss ont présenté jeudi après-midi à la presse leur plan de restructuration qui prévoit la suppression de 1700 postes à temps plein, dont 650 licenciements. «C’est un jour difficile», a déclaré le CEO Dieter Vranckx. Un paquet d’économies de 500 millions de francs est nécessaire pour assurer l’avenir de la compagnie, explique Swiss. «Malheureusement, ces mesures auront un impact sur le personnel», a poursuivi Dieter Vranckx. «Cela nous fait de la peine de devoir franchir ce pas car ce n’est jamais le but de se séparer d’employés», a-t-il dit en concluant: «Nous n’avions pas d’autres choix.»

Moins 20%. C’est l’affaissement structurel auquel s’attend Swiss en raison de la pandémie qui persiste. Cela induit une réduction de sa flotte de 15% par rapport à 2019, estime la compagnie aérienne dans un communiqué publié ce jeudi matin. Résultat: «le redimensionnement se traduirait par une réduction globale d’environ 1700 postes à temps plein, soit une baisse de plus de 20%». Et de détailler: jusqu’à 780 collaborateurs affectés au sol et en vol.

«Avec notre nouveau programme stratégique reaCH, nous nous alignons sur la nouvelle situation du marché. Il comprend, entre autres, un redimensionnement et une transformation qui devraient permettre de réaliser des économies durables de l’ordre de 500 millions de francs. L’objectif est de pouvoir rembourser rapidement notre prêt bancaire tout en préservant notre compétitivité et notre capacité d’investissement à long terme», expliquait Dieter Vranckx, dans le communiqué publié jeudi.

Pour le syndicat du personnel des transports, un démantèlement maintenant relèverait du mauvais timing. «Swiss doit garder sa ligne actuelle et maintenir autant que possible ses structures afin d’être prête lorsque le trafic aérien se normalisera», estime le président du SEV-GATA, qui précise que la vaccination est en cours et qu’un certain effet de rattrapage est à prévoir de la part des familles n’ayant pas pu voyager depuis plus d’un an. «Dès lors, selon le syndicat, les perspectives pour Swiss ne sont pas mauvaises à moyen terme, pour autant qu’elle puisse les saisir et ne pas laisser la place aux autres». Le président de la Confédération Guy Parmelin a réagi sur Twitter disant regretter «profondément» cette annonce.

Le PS suisse est lui aussi monté au créneau après l’annonce de la compagnie aérienne. Le parti fustige sur Twitter le fait que l’entreprise a reçu des aides des pouvoirs publics.

Mais Swiss a déjà détaillé son plan. La conséquence pour les liaisons court et moyen-courriers: 59 appareils au lieu de 69. Et pour les long-courriers: 26 avions les assureront contre 31 jusqu’à présent. Les fréquences seront donc réduites. Il est à craindre que certaines dessertes intercontinentales directes ne puissent plus être assurées, sans que l’on ne sache lesquelles. Swiss tente de rassurer malgré tout: «La compagnie aérienne préservera ses sites de Zurich et de Genève et veillera à ce que la Suisse reste reliée au monde par des vols intercontinentaux directs».

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