Aviation - Swiss se redimensionne en faisant moins de casse que prévu
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AviationSwiss se redimensionne en faisant moins de casse que prévu

La filiale de Lufthansa va supprimer 550 emplois au lieu des 780 prévus. Inutile et évitable toutefois, selon les syndicats, qui comptent saisir la justice.

par
Marion Emonot
Photo d’illustration.

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AFP

Une flotte réduite de 15%, comme annoncé, mais des licenciements collectifs «inévitables aussi acceptables que possible». C’est ainsi que Swiss qualifie sa restructuration dans un communiqué ce mardi, se félicitant d’avoir pu aboutir, grâce à un dialogue «constructif», à des mesures volontaires et à des départs naturels à hauteur de deux tiers des 1700 équivalents temps plein qui doivent être supprimés cette année encore. En d’autres termes, la filiale de Lufthansa va supprimer 550 emplois au lieu des 780 prévus.

Mais c’est un tout autre son de cloche du côté des syndicats, qui taxent la consultation «d’alibi» et estiment que la compagnie n’a pas laissé le temps aux représentants du personnel au sol de «formuler des propositions sur les moyens d’éviter les congés ou d’en limiter le nombre, allant jusqu’à considérer que Swiss a violé la procédure de consultation, selon l’article 335 f du Code civil suisse», écrit le syndicat SEV-GATA (Groundstaff Aviation Technics and Administration) dans un communiqué publié dans la foulée et diffusé sur Facebook, comme le montre l’aperçu ci-dessous.

Perceptions opposées

Au contraire, selon la filiale de Lufthansa, les employés ont pu émettre 770 suggestions dans le cadre du processus de consultation légalement imposé. C’est le résultat de ce dialogue qui a permis d’atténuer le nombre de licenciements, en modifiant par exemple le contrat de 58 salariés qui réduisent leur nombre d’heures de travail. Le CEO de Swiss, Dieter Vranckx, affiche son empathie: « Il m'est très pénible de devoir imposer des mesures si radicales, rendues incontournables par la transformation structurelle du secteur aérien. Mais nous sommes persuadés que c'est la bonne voie pour rembourser le prêt bancaire qui nous a été consenti et pour remettre Swiss en position d'investir et d'être compétitive.»

Le calcul est opposé du côté des syndicats qui, par la voix de leur représentant, Philipp Hadorn, estiment que «la compagnie n’est absolument pas obligée de procéder à une telle cure d’amaigrissement», d’autant que «la vaccination progresse, le certificat numérique Covid va bientôt simplifier les voyages en avion», brandissant même le spectre d’un manque de personnel lors du redémarrage du trafic aérien.

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