Energies renouvelables: Swissgrid: 17'000 projets écolo en attente
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Energies renouvelablesSwissgrid: 17'000 projets écolo en attente

Swissgrid a du pain sur la planche: plus de 17'000 projets attendent de recevoir leur aval pour commencer. La société réfute cependant une brusque augmentation.

Plus de 94% des demandes concernent l'énergie solaire.

Plus de 94% des demandes concernent l'énergie solaire.

La liste d'attente pour obtenir la rétribution à prix coûtant du courant électrique (RPC) continue à s'allonger. Hans- Heiri Frei, spécialiste de la RPC chez Swissgrid, compte, en juillet 2012, 19'300 projets en attente d'une réponse.

Selon les statistiques officielles de la société nationale d'exploitation du réseau électrique, 17'289 projets figuraient déjà sur la liste d'attente en mai. En tout, Swissgrid a reçu quelque 27'000 inscriptions pour bénéficier de la RPC, détaille M. Frei, confirmant une information du quotidien «Blick». Parmi eux, plus de 7000 projets ont déjà reçu l'accord de Swissgrid.

Solaire bloqué

Parmi les projets bloqués, une très large majorité (plus de 16'000) concernent des installations solaires. Le solaire se retrouve «fortement touché», s'irrite David Stickelberger, directeur de Swissolar, association suisse des professionnels de l'énergie solaire. «Nous recevons sans cesse des appels de paysans qui ne peuvent pas installer leur panneaux photovoltaïques».

Si la liste est aussi longue, c'est que «l'argent est limité», explique Hans-Heiri Frei. Swissgrid reçoit 520 millions de francs par an pour la RPC. De ce montant, 260 millions uniquement sont actuellement utilisés, car seuls les projets «en activité» peuvent bénéficier de cette manne. Les projets dit «avancés» et ceux qui ne sont pas encore réalisés (mais déjà approuvés) ne reçoivent encore rien.

Trois solutions

La liste d'attente pourrait être réduite de trois manières, développe Hans-Heiri Frei. Premièrement, 212 projets éoliens pourraient être rayés entre août 2012 et février 2013. En effet, dans ce domaine, les projets qui ne peuvent prouver «d'avancée sérieuse» au bout de quatre ans perdent leur droit à bénéficier de la RPC, selon M. Frei.

Un deuxième moyen serait d'augmenter de 0,9 à 1,4 centime par kilowattheure le prélèvement sur le prix du courant. Les Chambres ont transmis l'an dernier au Conseil fédéral une motion en ce sens. Si ce relèvement du plafond est accepté, les fonds de la RPC seraient ainsi augmentés de 250 millions de francs par an à 770 millions, calcule le spécialiste des fonds de rétribution, qui ne compte pas sur une entrée en vigueur avant 2015.

A long terme cependant, la RPC ne devrait plus être limitée. Dans le cadre de sa stratégie énergétique 2050, le Conseil fédéral travaille en ce moment sur un projet de loi supprimant tout limite à la RPC, mentionne le spécialiste de Swissgrid. Seuls les gros projets la percevraient encore. Les petits recevraient des contributions à l'investissement.

Swissolar plaide également pour «un déblocage complet de la RPC». L'association refuse cependant que les petits projets, majoritairement solaires, soient écartés de la RPC.

Le déclic «Fukushima»

Le nombre d'inscription pour la RPC grossit progressivement depuis mai 2011, selon les chiffres de la société. Depuis mai 2012 cependant, il arrive plus de 1000 inscriptions par mois.

En mai 2011, le Conseil fédéral a opté pour un abandon progressif de l'énergie nucléaire. Il a pris cette décision à la suite de catastrophe de Fukushima.

Depuis début 2009, les RPC dédommagent les producteurs de courant provenant d'éoliennes, de la biomasse, de la géothermie, de l'énergie solaire et des petites centrales hydroélectriques. Elles couvrent la différence entre les coûts de production et le prix du marché actuel.

Selon les statistiques de Swissgrid de mai 2012, les demandes figurant sur la liste d'attente RPC représentent l'équivalent de 5000 gigawattheures. En comparaison, les centrales nucléaires de Beznau I et II et de Mühleberg ont fournit en 2010 8442 gigawattheures, d'après les statistiques suisses de l'électricité, citées par le Conseil fédéral en mars en réponse au conseiller national Peter Malama (PLR/FR).

(ats)

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