Genève: Sylva, la petite renarde sauvée d'une mort certaine
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GenèveSylva, la petite renarde sauvée d'une mort certaine

SOS Hérissons Genève s'est occupé le week-end passé d'un bébé goupil séparé de ses parents. La responsable raconte.

par
Julien Culet
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Sylva n'était âgée que de quelques jours quand SOS Hérissons Genève s'en est occupé.

Sylva n'était âgée que de quelques jours quand SOS Hérissons Genève s'en est occupé.

SOS Hérissons
Christina Meissner est la responsable de SOS Hérissons.

Christina Meissner est la responsable de SOS Hérissons.

SOS Hérissons
Refusant biberon et seringue, Silva s'est nourrie sur la main de ses sauveteurs.

Refusant biberon et seringue, Silva s'est nourrie sur la main de ses sauveteurs.

SOS Hérissons

Le centre de soins genevois SOS Hérissons a accueilli un bien insolite pensionnaire durant tout le week-end de Pâques. Une famille de Cartigny (GE) a en effet amené le vendredi un bébé renard encore aveugle car âgé de quelques jours. «Elle l'a trouvé dans la forêt, où la renarde qui crevait de faim miaulait comme un chat. Elle aurait pu se faire croquer par un chien ou un rapace», explique Christina Meissner, responsable du centre. Cette dernière ignorait même la race de l'animal. «N'ayant jamais vu un si petit petit (sic), je ne savais pas s'il s'agissait d'un bébé fouine, d'un bébé martre ou d'un renardeau», indique-t-elle.

Christina Meissner s'en est donc occupée comme d'un petit hérisson. Elle a nourri la petite boule de poils avec du lait pour chiot et du thé de fenouil. Celui-ci permet d'éviter les maux de ventre dus au changement de régime alimentaire. «Le plus dur était que la renarde ne voulait ni biberon ni seringue pour boire. J'ai trouvé la solution en mettant le lait sur ma main pour qu'elle puisse téter», relate celle qui est aussi députée Hors parti.

Mère séparée de sa petite

L'inspecteur cantonal de la faune Gottlieb Dandliker s'est rendu à SOS Hérissons. Il a pu déterminer que Sylva, comme elle a été nommée, était une renarde. «Les renards peuvent être difficiles à identifier à cet âge-là», confirme-t-il. Pour le spécialiste, il est possible que la mère a voulu changer de terrier et qu'elle a perdu sa progéniture en chemin. «C'est inhabituel mais cela peut arriver», indique Gottlieb Dandliker.

Ce dernier estime que tous ont bien agi dans le sauvetage de Sylva. «Il faut bien apprécier la situation quand on trouve un animal sauvage. Le plus souvent, il n'est pas abandonné car les parents se trouvent pas loin. Il ne faut donc pas le toucher. Là, la renarde l'était clairement», explique-t-il. Si un particulier constate que la bête est bien en détresse, il doit l'amener à un centre de soins, à l'instar de SOS Hérissons. On peut également appeler les gardes de l'environnement ou la police, qui redirigera vers le service concerné.

Copains renardeaux

Sylva se porte aujourd'hui très bien. Elle a ouvert ses yeux en début de semaine et a été confiée mardi au parc Challandes, à Bellevue (GE). Il accueille les animaux perdus, abandonnés ou trop jeunes pour s'en sortir seuls dans la nature. «Il y a d'autres renardeaux. C'est important de la sociabiliser pour qu'elle puisse être ensuite relâchée», précise Christina Meissner.

Les renards se portent bien

Le garde faune genevois Gottlieb Dandliker explique que la population de goupils est florissante, à Genève notamment. Ils ont été débarrassés depuis plusieurs dizaines d'années des menaces qui pesaient sur eux. «Il y a longtemps, on chassait les renards pour protéger les poules. Maintenant, ce n'est plus nécessaire, elles sont protégées dans des poulaillers», explique le spécialiste. Et le vaccin contre la rage a aussi bien profité aux humains qu'aux animaux, précise-t-il. Ce qui fait qu'on peut ainsi croiser des goupils jusque dans les villes. «Les gens sont surpris quand ils en voient dans les rues. Or nous vivons toute l'année à côté de renards, mais ils sont très discrets», indique Gottlieb Dandliker.

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