Genève: Sympathisants d'al-Qaïda, ils s'affichent en ville
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GenèveSympathisants d'al-Qaïda, ils s'affichent en ville

Des islamistes suspectés de liens avec le terrorisme ont investi une place vendredi. Ils possédaient une autorisation.

par
Julien Culet
Le stand était tenu par deux hommes sur la place du Molard.

Le stand était tenu par deux hommes sur la place du Molard.

«Je suis choquée qu'un groupe salafiste reconnu comme organisation terroriste par la Tunisie et les Etats-Unis puisse tenir un stand à Genève.» Cette jeune Tunisienne est indignée. Selon elle, deux hommes distribuaient tracts et corans vendredi sur la place du Molard, à Genève. Elle les accuse d'être affiliés à Ansar Al-Charia, suspecté de plusieurs attentats (voir ci-contre). En tant que femme, elle n'a pas osé aller leur parler. Le nom apparaît sur une nappe, confirme Hasni Abidi, directeur du Centre d'étude et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève. «Si leur appartenance à ce groupe est établie, ce serait une première en Europe qu'il s'affiche ainsi», juge-t-il.

Comment est-il possible qu'Ansar Al-Charia ait obtenu l'aval de la Ville? «La demande est pour une personne physique qui dit appartenir à un centre culturel albanais. Nous pouvons difficilement découvrir qui se cache derrière», explique Antonio Pizzoferrato, chef du Service de la sécurité et de l'espace public. Les autorités s'en remettent aux policiers municipaux, qui veillent à ce que les groupes ­religieux ne fassent pas de prosélytisme. «Aucune distribution de tracts n'a été constatée ici. Les agents ne lisant pas l'arabe, ils n'ont pas pu savoir qu'il s'agissait d'un tel groupe.» Si l'utilisateur du site différait effectivement du demandeur, ce dernier ne pourra plus tenir un stand à Genève, indique la Ville.

Un groupe controversé

Ansar Al-Charia, en français Partisans de la Charia, a été fondé en 2011 en Tunisie après la chute de Ben Ali. Le groupe est accusé de l’assassinat de deux opposants aux islamistes. Par ailleurs, il serait responsable de l’attentat commis contre l’ambassade américaine de Tunis en septembre 2012. «Les Etats-Unis sont persuadés que son lien avec al-Qaïda est établi», précise Hasni Abidi.

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