Genève – Syndicats et politiques en soutien des grévistes de Smood
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GenèveSyndicats et politiques en soutien des grévistes de Smood

Au cinquième jour de grève, les livreurs de l’entreprise veulent maintenir la pression pour obtenir de meilleures conditions de travail.

Les prises de parole se sont succédé sur le piquet de grève.

Les prises de parole se sont succédé sur le piquet de grève.

mpo

Samedi, à l’heure de dîner, syndicats et politiciens sont venus affirmer leur soutien aux livreurs de Smood en grève depuis cinq jours. Au rond-point de Rive, non loin d’une enseigne de café à l’emporter bien connue, dix grévistes, sur les quinze recensés à Genève, faisaient signer une pétition qui demande notamment le paiement des heures travaillées, y compris le temps d’attente, des pourboires ainsi que l’indemnisation de leurs frais. La transparence quant aux gains de l’entreprise est également exigée, tout comme la majoration des heures de nuit et du dimanche. «Nous aussi nous avons une famille à nourrir, des factures à payer. Comment s’en sortir en travaillant tous les jours pour, au final, être mal payé!» a témoigné Badara au micro.

Un modèle de précarité qui inquiète

A la suite de ce témoignage, Ana Gabriel, responsable régionale du syndicat Unia, a fustigé le niveau de précarité qui prévaut dans le secteur des emplois numérisés. Son collègue président de la Communauté genevoise d’action syndicale, Davide de Filippo a dénoncé «un modèle d’exploitation devenu modèle d’affaires». Le monde du travail à la demande via des applications, «un modèle qui s’étend», a constaté Caroline Marti, du PS, a été au centre des discours. Le modèle inquiète syndicats et partis de gauche qui y voient l’individualisation et l’isolement de travailleurs précarisés.

10’000 signatures espérées

La grève des livreurs Smood a commencé début novembre à Yverdon avant de s’étendre à onze villes romandes. A Genève, une quinzaine de travailleurs, sur les quelque 400 à 450 qui livrent dans le canton, ont suivi le mouvement. Au niveau national, ils sont un peu moins d’une centaine. «Il est difficile pour les travailleurs précarisés et isolés à cause d’horaires et de localisation différents de se mobiliser, a admis Ana Gabriel. Certains ne peuvent tout simplement pas se permettre de ne pas travailler.» La pétition des livreurs aurait déjà recueilli 8000 signatures. Dix mille sont espérés avant le dépôt à l’entreprise mardi prochain.

(mpo)

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