Fusion Syngenta-Monsanto: «Syngenta finira par se faire manger un matin»
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Fusion Syngenta-Monsanto«Syngenta finira par se faire manger un matin»

Alors que Syngenta rejette une seconde offre de rachat de Monsanto, le président de la Fondation de famille Sandoz, Pierre Landolt, estime que la fusion finira par avoir lieu.

La fusion entre Syngenta et Monsanto se fera, selon Pierre Landolt.

La fusion entre Syngenta et Monsanto se fera, selon Pierre Landolt.

Le président de la Fondation de famille Sandoz, Pierre Landolt estime que le géant agrochimique bâlois est la seule planche de salut du concurrent américain.

«C'est comme l'histoire de la chèvre de Monsieur Seguin, assure Pierre Landolt dans un entretien au quotidien «Le Temps» publié mardi. «Syngenta va résister à Monsanto toute la nuit, mais finira par se faire manger au petit matin.»

L'entrepreneur, lui-même producteur de soja dans le Nordeste brésilien, a siégé douze ans durant au conseil d'administration de Syngenta, né en 1999 de la fusion des activités chimiques de Novartis et d'AstraZeneca. Il avait alors déjà vu Monsanto «arriver plusieurs fois».

Pour lui, le géant américain des pesticides convoite le bras chimie de la firme rhénane, en particulier ses capacités de recherche et d'innovation. «Monsanto n'a pas ce savoir-faire, mais dispose d'un trésor de guerre», analyse Pierre Landolt.

Résistances au glyphosate

La firme américaine a perdu l'exclusivité du glyphosate, son désherbant total découvert dans les années 1970, explique-t-il. Et la nature a développé des résistances à ce produit. Syngenta est lui devenu très fort tant dans la chimie que dans les semences.

«Il est donc plus rapide d'acheter un concurrent que de développer de nouvelles molécules dont l'impact environnemental est toujours plus faible», conclut M. Landolt. Quant aux groupes allemands BASF et Bayer, également évoqués, c'est probablement l'activité semences de Syngenta qui les intéressent, selon lui.

Pour rappel, dans un courrier rendu public lundi par le groupe bâlois, Monsanto offre toujours 449 francs par action, ce qui valorise l'entreprise à 42 milliards de francs. S'ajoute une pénalité de rupture de deux milliards de dollars en cas de veto des autorités de la concurrence à son projet, une proposition d'indemnité jugée «inadéquate» par l'entreprise ciblée. (ats)

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