Monthey (VS): Syngenta licencie: «On est sous le choc»
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Monthey (VS)Syngenta licencie: «On est sous le choc»

Plus de cent emplois, sur les 900 occupés à Monthey (VS), vont être supprimés par le groupe agrochimique bâlois.

par
spi
Les employés de l'entreprise photographiés ici avant la réunion de la direction.

Les employés de l'entreprise photographiés ici avant la réunion de la direction.

Le groupe agrochimique bâlois Syngenta va supprimer 116 postes de travail sur son site de Monthey (VS), a annoncé jeudi Unia. Selon le syndicat, le groupe va externaliser une partie de la production de l'usine valaisanne pour accroître sa rentabilité. «Syngenta a décidé de stopper la mise en conditionnement et formulation sur le site de Monthey», indique Unia dans un communiqué. Le syndicat «condamne avec la plus grande vigueur le sacrifice de ces 116 postes de travail motivé uniquement par le goût du gain maximal».

Il exige que le groupe «gèle sa décision et procède à une nouvelle analyse permettant de maintenir les emplois». L'annonce de Syngenta douche aussi les espoirs de nombreux salariés de la raffinerie Tamoil qui espéraient un reclassement professionnel sur le site chimique de Monthey, déplore Unia. Syngenta emploie plus de 28'000 personnes dans le monde, dont environ 3400 en Suisse. A Monthey, la multinationale occupe quelque 900 personnes.

«Une maximisation des profits à outrance»

Blaise Carron, responsable de la branche chimie chez Unia bas-Valais s'est dit «sous le choc» après avoir appris cette annonce. «On est sous le choc. On ne s'attendait pas à une telle décision. Ils ont annoncé d'excellents chiffres la semaine dernière lors de l'assemblée des actionnaires. Ils nous avaient aussi rassurés courant février lorsque le franc fort a flambé en disant qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter pour Monthey. C'est une entreprise extrêmement florissante, on est dans une logique de maximisation des profits à outrance.»

«C'est une douche froide pour les employés de la région. Notamment pour ceux de Tamoil qui espéraient un reclassement professionnel sur le site chimique de Monthey, précise le syndicaliste. En 5 mois, le Chablais a perdu 350 emplois. Nous souhaitons que Syngenta gèle sa décision et analyse des alternatives pour maintenir les emplois. Cela peut passer par une modernisation des infrastructures. Ou alors ils peuvent tenter de trouver une entreprise tierce qui rachète cette activité et qui serait d'accord de faire moins de profit.»

Rendez-vous commune-direction vendredi

De son côté, le président de la commune de Monthey se dit désolé. «C'est une surprise. On savait que Syngenta trouvait le coût de la production en Suisse disproportionné par rapport à ceux des pays voisins. Mais on ne s'attendait pas à des mesures aussi lourdes. Là, on parle tout de même d'une perte de plus de 100 postes de travail. C'est très lourd pour la collectivité publique. Et ça commence à faire beaucoup après ce qui vient de se passer à Monthey, explique Stéphane Coppey. C'est d'autant plus désolant que ces dernières années, Syngenta avait fortement augmenté le nombre d'emplois sur le site de Monthey. On était dans une dynamique positive. Avec cette mesure, on revient plusieurs années en arrière.»

La commune a rendez-vous vendredi matin avec la direction de Syngenta Suisse. Les élus espèrent pouvoir la faire revenir sur sa décision. Dans un second temps, la commune agira de concert avec le canton pour pouvoir rencontrer des responsables de Syngenta international. Pour les sensibiliser à la cause de Monthey. (spi/ats)

Les précisions du Conseil d'Etat

Le Conseil d'Etat valaisan regrette la décision de Syngenta de supprimer 116 postes de travail sur son site de Monthey.

Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour en atténuer les conséquences, a-t-il indiqué jeudi.

«La société Syngenta a annoncé ce jour l'arrêt de ses activités «formulation et conditionnement» de Monthey d'ici la fin 2016. Au terme de ce processus en 2018, 116 postes de travail seront concernés sur les 900 que compte l'entreprise actuellement», a précisé l'Etat du Valais dans un communiqué.

Selon le gouvernement, le groupe agrochimique bâlois doit se défaire d'une partie de la production de son site de Monthey «pour maintenir l'efficacité et la compétitivité de son portefeuille». La multinationale a toutefois «assuré vouloir investir dans la requalification de collaborateurs pour permettre un maximum de transferts internes et a réaffirmé le caractère stratégique du site de Monthey», souligne l'Etat du Valais.

Syngenta a rejeté une offre de Monsanto

Le groupe agrochimique bâlois a confirmé avoir reçu une offre de rachat non sollicitée de son concurrent américain.

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