Moyen-Orient: Syrie: renforts US sur les champs pétroliers
Actualisé

Moyen-OrientSyrie: renforts US sur les champs pétroliers

Pendant que les Russes patrouillent dans le nord-est de la Syrie, Washington a annoncé jeudi des renforts militaires pour protéger les champs de pétrole.

1 / 81
Alors que le conflit a démarré il y a 9 ans, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Peter Maurer est en Syrie afin d'évaluer comment améliorer la réponse face aux besoins «énormes» qui affectent la population. (Mardi 11 mars 2020)

Alors que le conflit a démarré il y a 9 ans, le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Peter Maurer est en Syrie afin d'évaluer comment améliorer la réponse face aux besoins «énormes» qui affectent la population. (Mardi 11 mars 2020)

Keystone
Après l'accord entre la Russie et la Turquie jeudi, un cessez-le-feu est entré en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi. Un calme «relatif» règne à Idleb. (5 mars 2020)

Après l'accord entre la Russie et la Turquie jeudi, un cessez-le-feu est entré en vigueur dans la nuit de jeudi à vendredi. Un calme «relatif» règne à Idleb. (5 mars 2020)

AFP
Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et américain Donald Trump ont convenu vendredi de prendre «immédiatement» des mesures pour éviter «une grande tragédie humanitaire» dans la région d'Idleb. (Vendredi 28 février 2020)

Les présidents turc Recep Tayyip Erdogan et américain Donald Trump ont convenu vendredi de prendre «immédiatement» des mesures pour éviter «une grande tragédie humanitaire» dans la région d'Idleb. (Vendredi 28 février 2020)

kein Anbieter

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi l'envoi de renforts militaires pour protéger les champs pétroliers de l'est syrien, après leur retrait de zones frontalières avec la Turquie qui avait laissé le champ libre à l'opération militaire d'Ankara contre les forces kurdes, aujourd'hui forcées de quitter des positions qu'elles tenaient depuis des années.

«Les Etats-Unis sont déterminés à renforcer leurs positions, en coopération avec nos partenaires des FDS, avec des renforts militaires», a indiqué un responsable militaire, sans préciser l'ampleur du dispositif prévu.

Malgré le retrait américain du nord, les Forces démocratiques syriennes (FDS) - la coalition arabo-kurde sur laquelle Washington s'est appuyée dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI)- coopèrent encore avec les Etats-Unis dans la province de Deir Ezzor (est), non loin de la frontière irakienne, où se trouvent les plus grands champs pétroliers du pays. Quelque 200 soldats américains y sont encore postés.

Patrouilles russes

«L'objectif est d'empêcher ces champs pétroliers de tomber entre les mains de l'EI ou d'autres groupes déstabilisateurs», a ajouté ce responsable ayant requis l'anonymat. «Nous devons interdire à l'EI cette source de revenus pour prévenir toute résurgence» du groupe djihadiste, .

Le président américain Donald Trump avait dit mercredi qu'un «petit nombre de soldats» américains resterait en Syrie, «dans les zones où il y a du pétrole». Il a précisé que le chef des FDS, Mazloum Abdi, l'avait remercié et s'était montré «extrêmement reconnaissant».

Les forces kurdes, dont les rêves d'autonomie ont été anéantis, ont quitté jeudi des positions tenues de longue date près de la frontière turque. L'armée russe continuait de son côté les patrouilles, en vertu d'un accord russo-turc conclu mardi, qui prévoit un retrait kurde et un contrôle commun d'une large partie de la frontière turco-syrienne.

Déjà actives dans la ville de Kobané, des forces russes ont été vues par un photographe de l'AFP quitter Qamichli, plusieurs centaines de km plus à l'est, pour entamer des patrouilles dans cette zone. Selon Moscou, une patrouille de la police militaire russe a eu lieu sur «un nouvel itinéraire» de plus de 60 km.

Ankara appelle Washington à lui livrer le chef des FDS

Allié de Moscou, le régime syrien de Bachar el-Assad a également déployé ses troupes dans la zone, l'accord russo-turc permettant à l'armée syrienne de reprendre un territoire où se trouvent des puits de pétrole et des zones agricoles fertiles.

C'est une offensive sanglante lancée le 9 octobre par la Turquie dans le nord syrien qui a poussé les forces kurdes à s'éloigner de sa frontière. L'assaut a été interrompu pour permettre aux YPG (Unités de protection du peuple, milice kurde) de se retirer de leurs positions frontalières.

L'accord turco-russe avait été précédé d'un accord entre Ankara et Washington prévoyant le retrait des YPG sur une zone de 120 km, respecté par les Kurdes. Les forces turques contrôlent désormais cette zone mais souhaitent le départ de cette milice sur l'ensemble des 440 km.

Recep Tayyip Erdogan a menacé de prendre «toutes les mesures nécessaires» si l'accord de retrait des YPG n'était pas respecté. Il a aussi appelé les Etats-Unis à livrer Mazloum Abdi à son pays, le qualifiant de «terroriste».

«Discussion musclée»

A Bruxelles, une réunion des ministres de la Défense de l'OTAN, dont la Turquie fait partie, a donné lieu à «une discussion musclée», mais il n'est «pas question» pour l'Alliance de «perdre» un allié stratégique en l'humiliant avec une mise en accusation, selon un diplomate.

Les Etats-Unis s'inquiètent de voir un «bon allié tourner sur l'orbite de la Russie plutôt que sur l'orbite de l'Otan», a dit le chef du Pentagone Mark Esper. La ministre allemande a elle défendu son idée de créer, sous l'égide de l'ONU, une zone de protection internationale dans le nord de la Syrie. Cette initiative, accueillie avec scepticisme par la communauté internationale, a reçu le soutien du chef des FDS.

L'offensive d'Ankara a chassé quelque 300'000 civils kurdes qui ont désormais très peu de chances de pouvoir rentrer chez eux, selon l'OSDH. Les Kurdes, qui avaient établi une autonomie dans le nord et le nord-est de la Syrie à la faveur du conflit syrien, s'inquiètent d'un déplacement forcé de populations impliquant le retour d'une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens ayant fui en Turquie. «L'objectif de la Turquie est de tuer, de chasser les Kurdes et de les placer sous occupation», a assuré à l'AFP un responsable kurde. (nxp/afp)

Syrie et Turquie s'invectivent devant le Conseil de sécurité

L'ambassadeur syrien à l'ONU, Bashar Ja'afari, a vivement dénoncé «l'agression» de la Turquie contre son pays, trouvant «étrange» l'utilisation par Ankara de l'article 51 de la Charte de l'ONU sur la légitime défense pour justifier son opération militaire. Il a en outre réclamé «le plein respect de la souveraineté syrienne» et «le retrait de toutes les forces étrangères illégitimes» de Syrie.

«Je rejette et condamne fermement toute présentation erronée de notre opération de lutte contre le terrorisme comme un acte d'agression», a répliqué son homologue turc, Feridun Sinirlioglu. Il s'agissait d'une «opération limitée de lutte contre le terrorisme» qui visait notamment à «garantir l'intégrité territoriale et l'unité de la Syrie». «Elle n'a visé que des terroristes et leurs repaires, leurs armes et leurs véhicules», a-t-il insisté.

(NewsXpress)

Ton opinion