Actualisé 28.03.2011 à 17:06

Guerre en LibyeSyrte dans la ligne de mire des insurgés

Les insurgés libyens ont progressé lundi en direction de Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi, sans réussir à contrôler ce point stratégique sur la route vers Tripoli.

«On voulait être à Syrte aujourd'hui (lundi)», a résumé un combattant rebelle accompagné d'une centaine de compagnons d'armes équipés de trois lance-roquettes, six batteries antiaériennes et une dizaine de pick-ups équipés de mitrailleuses.

Petite ville côtière transformée en deuxième capitale de Libye par le colonel Kadhafi, Syrte est restée calme lundi. Des militaires étaient postés à des barrages surmontés de drapeaux verts.

Les rebelles se sont déjà emparés de Nofilia, une ville isolée dans le désert à l'ouest de Bin Djaouad, à 120 km de Syrte. A la sortie de cette ville, le crépitement continu des mitrailleuses et le souffle provoqué par les tirs de roquettes ont été entendus lundi.

Misrata tenaillée

Autre ville convoitée par les insurgés, Misrata, à environ 200 km à l'est de Tripoli, est partiellement tombée lundi aux mains des forces de Mouammar Kadhafi, qui l'ont à nouveau bombardée. Selon des habitants, des tireurs sur les toits ont visé des passants.

«Une partie de la ville est contrôlée par les insurgés et l'autre partie par les forces pro-Kadhafi», selon un porte-parole des insurgés. Huit personnes seraient mortes à Misrata, selon des témoins, depuis que les forces loyalistes ont relancé les combats.

Les forces libyennes ont tiré lundi des roquettes sur une autre ville de l'ouest du pays, Zentane, selon la chaîne de télévision Al- Jazira. L'agence de presse libyenne Jana a quant à elle fait état de nombreuses victimes à Sebha, dans la région méridionale du Fezzan, en raison de bombardements occidentaux.

Dans les faubourgs de Tripoli, l'aviation française a bombardé dans la nuit de dimanche à lundi un centre de commandement, selon un porte-parole de l'état-major. Les moyens de défense anti-aériens des forces pro-Kadhafi seraient «considérablement diminués», selon cette source. Il n'y aurait pas eu d'autre frappe à Tripoli lundi.

Réunion cruciale à Londres

Les acteurs de la coalition internationale se réunissent mardi à Londres alors que l'opération militaire doit passer prochainement sous le commandement de l'OTAN. La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré que cette conférence était faite pour «réfléchir sur la façon dont nous allons faciliter une transition faisant en sorte qu'il (Mouammar Kadhafi) quitte le pouvoir».

La Russie, qui s'est abstenue lors du vote au Conseil de sécurité des Nations unies autorisant ces frappes aériennes, sera la grande absente. Moscou juge que les opérations outrepassent le mandat fixé par la résolution 1973.

L'Italie présentera à Londres un plan de sortie de crise. Le ministre des affaires étrangères Franco Frattini a déclaré qu'un pays africain pourrait offrir l'asile à Mouammar Kadhafi. Paris et Londres ont de leur côté conseillé aux partisans du colonel de «le quitter avant qu'il ne soit trop tard».

Sur le plan diplomatique, les insurgés ont enregistré une victoire. Le Qatar est devenu lundi le premier pays arabe à reconnaître leur Conseil national comme seul représentant légitime du peuple libyen.

Obama doit convaincre les Américains

Le président américain Barack Obama devait s'adresser à ses concitoyens dans la nuit de lundi à mardi, en direct à la télévision depuis Washington, pour défendre sa décision de faire participer son pays aux opérations en Libye. Moins d'un Américain sur deux y est favorable, selon un sondage.

«Il (Barack Obama) dira comment nos opérations en Libye ont fait progresser nos intérêts et empêché une catastrophe», a révélé lundi un responsable américain sous couvert de l'anonymat.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, de retour d'une récente visite au Caire, a de son côté laissé entendre que l'actuelle situation en Libye «risquait de mettre en danger» les révolutions encore «fragiles» en Tunisie et en Egypte. (ats)

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