Vaud: Tabassé et retenu par les proches de sa copine
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VaudTabassé et retenu par les proches de sa copine

Un père kosovar et son fils se retrouvent au tribunal pour avoir frappé un ado qui lorgnait la fille de la famille.

par
Christian Humbert

«J'ai tendu la main et j'ai reçu un coup de poing.» Sur le quai de la gare de Villeneuve, cet après-midi d'avril 2011, Stéphane, 18 ans, ignore que l'inconnu qui s'en prend à lui est le frère de la camarade d'école kosovare avec laquelle il discute. Une jeune fille priée de filer droit sous peine d'être battue comme plâtre par ses frères et son père, un assisté social au statut provisoire depuis dix ans. Agé de 19 ans, le frangin s'est expliqué lundi au Tribunal de Vevey: «Elle m'a menti en me disant être seule. Elle avait quelque chose à cacher. Ça m'a énervé. C'est à moi de la protéger. Elle peut faire des conneries. C'est notre culture, une fille ne fait pas ce qu'elle veut. Elle peut sortir avec un Albanais seulement après l'avoir présenté aux parents.»

Sur le quai, l'ado est encore giflée par le père, 50 ans, arrivé entre-temps au volant de sa voiture, conduite sans permis. Coups de pied au copain, contraint de les suivre dans leur auto. «Je ne voulais pas qu'il tombe sur la voie. J'étais médiateur. Je voulais aller boire un café pour calmer la ­situation», ose expliquer le père. Il conteste tout, y compris ses précédentes condamnations pour avoir frappé sa fille, qui a fini à l'hôpital.

Le duo contrôle la carte d'identité de l'élève et le contenu de son téléphone. Il menace de le tuer s'il continue de fréquenter, voire même de regarder, sa camarade. Des coups pleuvent encore. «On a honte de tout cela», a concédé le fils. Vraiment? «Ma fille a ­inventé tout cela», a asséné le père.

Avocat sur les rotules: procès ajourné

C'est une première en audience: l'avocat veveysan du père (lire ci-contre) a été victime d'un burn-out en direct. Les cheveux en bataille, les yeux rougis, il a posé une série de questions avant de devenir quelque peu confus dans son ­ultime intervention en fin de matinée. Perdant le fil de son interrogation, il a expliqué être surmené par une succession de procès et le décès d'un proche. La présidente, Julie Jequier, a décidé le report du procès, avec l'accord des parties.

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