Tahar Rahim a davantage confiance en lui

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CannesTahar Rahim: «J’ai davantage confiance en moi»

Depuis qu’il est devenu papa, l’acteur français de 40 ans a appris à faire la part des choses.

par
Henry Arnaud, Cannes
Le comédien français Tahar Rahim, qui fait partie du jury du 74e Festival de Cannes, a deux enfants.

Le comédien français Tahar Rahim, qui fait partie du jury du 74e Festival de Cannes, a deux enfants.

AFP

Juré au 74e Festival de Cannes, Tahar Rahim est l’acteur vedette de «Désigné coupable», actuellement sur nos écrans. Marié avec l’actrice Leïla Bekhti, il est devenu père pour la seconde fois, en plein milieu de ce tournage.

Votre épouse était enceinte pendant la production de «Désigné coupable». Pas trop compliqué?

Oui, mais ma chance est d’avoir pu rentrer en France pour être présent lors de la naissance, même si cela a été bref. Je n’oublierai jamais cet instant magique. Je n’oublierai pas non plus mon vol de retour sur le tournage de « Désigné coupable». J’ai eu toutes les longues heures d’avion vers la ville du Cap en Afrique du Sud pour me remettre dans la tête le personnage de Mohamedou.

Comment entre-t-on dans la peau de cet homme accusé de terrorisme par les services secrets américains et enfermé 14 ans dans la prison de Guantánamo?

Il m’a suffi de parler avec le vrai Mohamedou pour avoir envie de raconter son histoire. Il a subi des tortures et d’énormes privations avant d’être libéré sans charge puisqu’il est innocent. Malgré tout ce qu’il a vécu, il est plein d’amour et d’espoir dans l’humanité. Mohamedou est un exemple. Avec «Désigné coupable», j’ai tout donné car je voulais m’engager pour lui rendre justice. Filmer les sévices et l’humiliation, c’était dur, mais rien à côté de ce qu’il a vraiment vécu. Moi, je savais qu’une belle chambre d’hôtel m’attendait à la fin de la journée. Mohamedou a vécu l’enfer des années.

Vous incarnez un personnage à l’opposé de Mohamedou dans «Le serpent», disponible sur Netflix. Comment passez-vous aussi rapidement d’un rôle à l’autre?

C’était fascinant d’entrer dans la peau de ce tueur en série, mais j’étais heureux de l’abandonner à la fin du tournage. Charles Sobhraj a semé la mort en Asie dans les années 1970 en utilisant son charme pour attirer ses proies. C’est un bonheur pour un comédien d’avoir des propositions aussi différentes d’un rôle à l’autre. Mais j’ai laissé le costume du «Serpent» et sa personnalité sur le plateau et je suis vite retourné dans ma famille pour l’oublier.

Quels sont vos souvenirs du film «Un prophète», qui a fait de vous une star instantanément au Festival de Cannes en 2009?

J’ai davantage confiance en moi qu’à l’époque, c’est sûr! À l’époque du «Prophète», je rentrais chez moi en pensant aux erreurs que j’avais commises, ce que j’aurais pu faire de mieux. Aujourd’hui, j’ai une perspective différente sur mon métier en me disant que je pourrai toujours faire mieux demain. Devenir père de famille m’a appris à faire la part des choses.

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