Actualisé 26.02.2020 à 10:46

Football

Tami: «Les défis qui nous attendent sont grands»

Le directeur des équipes nationales s'est félicité, mardi à Muri, de la prolongation de contrat de Vladimir Petkovic, mais aussi de la direction prise par le football suisse.

de
Robin Carrel, Muri
Vladimir Petkovic, suivi comme son ombre par son directeur.

Vladimir Petkovic, suivi comme son ombre par son directeur.

Keystone

L'heure était aux sourires, mardi après-midi, dans la maison du football helvétique, dans la banlieue bernoise. L'Association suisse de football a choisi de prolonger son sélectionneur actuel, qui se trouve devant deux défis de taille: briller cet été lors de l'Euro et se qualifier ensuite pour la Coupe du monde au Qatar. Interview du patron du jeu de ballon en Suisse.

Pierluigi Tami, on se trompe si on se dit que cette prolongation de contrat de Vladimir Petkovic est une décision logique et qu'elle permet d'aller au prochain Euro l'esprit libéré?

C'est vrai que c'était un de nos objectifs. Je n'aurais pas accepté de préparer un Championnat d'Europe avec des éléments qui auraient pu perturber sa préparation. On doit mettre toutes nos énergies sur cette compétition et on voulait de la clarté sur ce point le plus vite possible. J'avais promis qu'on aurait une réponse à la fin du mois de février, on l'a fait. Ce qu'on avait à dire aujourd'hui, c'était pour moi très positif. Parce qu'on pouvait ainsi donner de la continuité au travail que nous avons commencé.

On ne le dit peut-être pas assez, mais le bilan du «Mister» est assez exceptionnel...

Oui, il est très, très bon. On a tendance aujourd'hui à prendre les qualifications pour les grands tournois comme quelque chose de normal...

Ce qui, pour la Suisse finalement, n'est pas tout à fait normal.

Mais pas seulement pour la Suisse! Il y a beaucoup d'éléments qui entrent en ligne de compte, mais la façon dont on l'a toujours fait sous la houlette de Vladimir Petkovic est à travers un jeu d'équipe. On l'a dit lors de cette conférence de presse, les préoccupations du sélectionneur sont nombreuses. Quand il voit aujourd'hui le nombre de joueurs qui ne sont pas dans une situation optimale en club... Mais ce que la Suisse a toujours montré, ce n'est pas un jeu qui compte sur les individualités, mais collectif. C'est aussi ce qui nous laisse de belles espérances pour le futur.

Vladimir Petkovic a fait progresser cette équipe, mais il l'a dit lui-même: lui aussi a progressé. Surtout depuis la campagne de Russie.

C'est comme ça... Je l'ai toujours dit: il ne faut pas sous-estimer ce qu'il se passe quand on change d'entraîneur. Je l'ai vécu! Même si c'est quelqu'un de grande expérience, avec un grand nom, quand il s'assied sur le banc d'une équipe nationale, il a besoin d'une année pleine pour comprendre comment ça fonctionne. C'est différent d'un club, où il a ses joueurs à disposition tous les jours. Ça change leur gestion, celle de son travail... Et là, avec notre coach, on peut se donner de la continuité, en partant d'une base assez solide. Mais c'est clair que les défis qui nous attendent sont très grands. La Ligue des Nations ne va pas être facile, mais stimulant. On sera dans la Ligue A et il y aura de nouveau de grandes équipes. C'est ce qu'on voulait: voir la Suisse se mesurer aux grandes équipes. Quand on voit les matches amicaux qu'on a le mois prochain (ndlr: Belgique et Croatie, au Qatar)...

On oublie aussi souvent de le dire. Se qualifier pour un Mondial est bien plus compliqué que pour un Euro.

Absolument. C'est mathématique.

C'était important pour vous, que Vladimir Petkovic s'«ouvre» un peu plus?

Disons que ce n'était pas la priorité. Le plus important, c'était davantage des éléments sportifs. On a toutefois thématisé ce problème et lui-même s'est remis en cause dans sa relation aux journalistes, notamment. Je pense toutefois que les problèmes n'étaient pas seulement du côté de Petkovic. Je crois que nous aussi, dans la «maison» (ndlr: l'ASF), on n'avait pas bien accompagné ou suivi certains débats. Là, avec l'arrivée d'Adrian Arnold comme chef de la communication, du point de vue stratégique, on peut accompagner les personnes importantes de l'Association suisse de football pour mieux se présenter devant les Suisses. D'un autre côté, il faut aussi se rapprocher des journalistes, pour leur donner la possibilité de faire leur travail.

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