Pollution: Tamoil dénoncée à la justice suite à une pollution des eaux

Actualisé

PollutionTamoil dénoncée à la justice suite à une pollution des eaux

Les autorités vaudoises dénoncent la société pétrolière Tamoil à la justice suite au déversement, en novembre dernier, de plus de 150'000 litres d'essence dans la nappe phréatique et dans le Rhône, à Collombey (VS).

Le canton de Vaud a dénoncé Tamoil à la justice. Une importante fuite d'essence à la raffinerie de Collombey (VS) s'est produite entre le 12 et 14 novembre. Quelque 151'000 litres d'essence se sont écoulés d'un réservoir vers la station d'épuration du site.

«Cette fois la coupe est pleine», s'impatiente la conseillère d'Etat vaudoise Jacqueline de Quattro, interrogée vendredi par l'ATS. La cheffe du Département de la sécurité et de l'environnement (DSE) a décidé d'actionner la justice pénale contre la société pétrolière libyenne suite à cette pollution sur sol vaudois.

«Tamoil doit se rendre compte de la gravité de la situation», poursuit Mme de Quattro. Cette fuite est due à un défaut d'entretien et à la vétusté des installations, dénoncée depuis 2002 par le canton et régulièrement minimisée par la société pétrolière.

La quantité d'hydrocarbures qui s'est effectivement écoulée dans le Rhône et dans la nappe phréatique est inconnue, tout comme l'impact sur l'environnement. Des analyses du sol sont en cours, elle prendront plusieurs mois, a indiqué Robert Jeanneret, chef du service vaudois des eaux, sols et assainissement (SESA).

500 litres dans le Rhône

Les habitants des communes riveraines ne courent toutefois aucun risque, selon M. Jeannerat. Dans le Rhône, l'essence a été fortement dilluée, la rendant moins nocive. Côté valaisan, les autorités se veulent également rassurantes. Selon Cédric Arnold, chef du service de la protection de l'environnement, seuls quelque 500 litres auraient finalement passé dans le fleuve.

Cette analyse est partagée par le porte-parole de Tamoil, Laurent Paoliello: «Les systèmes de sécurité de la station d'épuration ont permis de retenir la quasi-totalité de l'essence qui a fui». Ces quantités sont restées dans l'enceinte de la raffinerie et ont pu être récupérées. Pour le reste, la société pétrolière ne souhaite donner aucun commentaire.

Sept camions-citerne

D'après les autorités vaudoises, la fuite a pour origine un défaut d'une canalisation destinée à l'évacuation des eaux de pluie qui traverse un réservoir de stockage d'essence. Contrairement aux règles techniques, la vanne de vidange du bassin était restée ouverte, permettant à l'essence d'atteindre directement la station d'épuration.

Au total, 151'000 litres d'essence - l'équivalent de sept camions-citerne - se seraient trouvés mêlés à l'eau de pluie. Les canalisations d'évacuation n'étant pas étanches, une quantité indéterminée d'essence a pu couler dans le sol et dans la nappe phréatique. La fuite a duré deux jours avant que son origine soit détectée et que l'événement soit finalement annoncé au canton.

Mise en demeure

Cet épisode a eu raison de la patience de Mme de Quattro. En plus de la dénonciation pénale, la cheffe du Département de la sécurité et de l'environnement (DSE) a imparti à Tamoil un délai au 1er mai 2009 pour présenter un programme d'assainissemment concernant les installations de stockage sur territoire vaudois. Les travaux devront être terminés d'ici fin 2012.

Le canton du Valais a initié une même procédure en 2006 pour les aires de stockage sur son sol. Tamoil, qui a fait recours, a été débouté en première instance. La société vient de retirer son recours auprès du Tribunal cantonal valaisan, selon Cédric Arnold.

Dénoncés depuis 2002

Le rapport d'un bureau d'ingénieurs a confirmé en 2007 les défauts majeurs relevés dès 2002 par les services vaudois sur les bassins de rétention de ces installations de stockage, qui présentent de nombreuses fissures. Mme de Quattro avait déjà haussé le ton à fin 2007, exigeant des mesures de la part de Tamoil.

La société pétrolière avait dans la foulée annoncé des travaux sur ces aires de stockage. Ils n'ont à ce jour pas été réalisés, affirme le DSE.

(ap)

Ton opinion