Berne: «Tanz dich frei» se termine dans les gaz lacrymogènes
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Berne«Tanz dich frei» se termine dans les gaz lacrymogènes

Mélange de Streetparade et de manifestation, «Tanz dich frei» a tourné à l'affrontement entre casseurs et forces de l'ordre durant la nuit de samedi à dimanche dans la capitale helvétique.

Selon la police cantonale bernoise, la grande majorité des 7000 participants a néanmoins festoyé pacifiquement.

Emmené par une septantaine de personnes vêtues de noir, en partie masquées, le cortège s'est mis en branle en début de soirée, par un temps maussade, derrière un char recouvert de banderoles. Ce groupe de tête a allumé pétards et fumigènes, alors qu'une douzaine d'autres chars diffusant de la musique leur emboîtaient le pas.

L'atmosphère ressemblait à celle souvent observée lors de manifestations anti-répression ou anti-fascistes dans la ville fédérale. Une partie des participants ont scandé des slogans révolutionnaires, utilisé des pétards et barbouillé de peinture plusieurs bâtiments.

Vers l'arrière du cortège, l'humeur était beaucoup plus festive, voire carnavalesque. De nombreux badauds tenaient leur bière ou autre boisson alcoolisée à la main. Le sol était jonché de déchets.

Grille de sécurité

Sur la place fédérale, les événements ont tourné au vinaigre lorsque des personnes cagoulées ont pris d'assaut la grille installée notamment afin de sécuriser le Palais fédéral, a rapporté un témoin. Les policiers sont intervenus à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Plus tard dans la nuit, les affrontements entre les forces de l'ordre et les casseurs se sont déplacés devant la gare, où des poubelles et des distributeurs de billets ont été vandalisés. Les policiers ont à nouveau fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

Un porte-parole de la police cantonale a par ailleurs indiqué que plusieurs interventions avaient été nécessaires en raison de personnes alcoolisées.

Vives discussions en amont

En amont, la manifestation avait suscité de vives discussions sur la sécurité et était attendue avec une certaine tension. Les autorités reprochent aux organisateurs, un collectif anonyme qui communique sur les réseaux sociaux, d'ignorer les risques sécuritaires d'une telle manifestation.

Pour le collectif, ce sont les autorités qui exagèrent: la police n'a qu'à pas provoquer les manifestants. Le défilé n'est pas officiellement autorisé, mais toléré par les autorités bernoises.

Il s'agit du troisième cortège «Tanz dich frei» après 2011 et 2012. L'an dernier, il avait attiré plus de 10'000 personnes, ce qui en faisait la plus importante manifestation de jeunesse depuis les années 1980. Ils étaient environ 400 en 2011. Cette année, sur Facebook, environ 13'000 personnes avaient annoncé leur intention d'y participer. (ats)

Premiers bilans à Berne: plus de 60 arrestations

Une vingtaine de policiers ont été blessés dans la nuit de samedi à dimanche lors de la manifestation «Tanz dich frei», qui a dégénéré comme les précédentes éditions, à Berne.

Les forces de l'ordre engagées ont été confrontées à un «déchaînement de violence exceptionnellement élevé», écrit la police bernoise dans un premier bilan dimanche matin.

Touché au visage, un collaborateur de la police des transports a même dû être hospitalisé, précisent les autorités. Des manifestants ont également dû être soignés à l'hôpital. Sur la cinquantaine d'engagements de la police sanitaire, une trentaine de personnes ont été transportées à l'hôpital, avant tout pour abus d'alcool.

Cette nuit agitée dans la capitale fédérale à l'occasion de la troisième édition annuelle de cette manifestation réclamant davantage d'espaces pour la vie nocturne à Berne s'est conclu par 61 arrestations, précise encore la police. Tirant un premier bilan chiffré des dégâts, les autorités les estiment à plusieurs centaines de milliers de francs.

Une septantaine de vitrines ont volé en éclats alors que quelques magasins, d'alimentation notamment, ont subi des actes de pillage. Si la manifestation proprement dite n'a pas donné lieu à trop d'écart, des scènes de guérilla de rue ont occupé les forces de l'ordre jusqu'à l'aube.

Celles-ci ont même fait usage durant une bonne partie de la nuit d'un hélicoptère qui a survolé la vieille ville, privant de sommeil de nombreux habitants. Lors de son bilan dimanche matin, la police a par ailleurs revu à la hausse le nombre de participants à la manifestation qui est passé de quelque 7000 à près de 10'000.

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