Actualisé 06.06.2018 à 07:45

FranceTariq Ramadan sous la menace d'une 3e inculpation

L'islamologue suisse était interrogé mardi pour la première fois par les juges parisiens. Il pourrait être inculpé pour des agressions sur une ancienne escort-girl.

L'intellectuel musulman suisse Tariq Ramadan était interrogé mardi pour la première fois par les juges parisiens chargés d'enquêter sur les accusations de viols. Elles pourraient lui valoir une troisième inculpation.

Tariq Ramadan, 55 ans, a été écroué le 2 février. Il est actuellement détenu à l'hôpital pénitentiaire de Fresnes, dans la banlieue parisienne, en raison de sa sclérose en plaques. Il a déjà été mis en examen (inculpé) pour deux viols, dont l'un sur personne vulnérable, qu'il nie catégoriquement avoir commis.

L'enquête a démarré en octobre. Elle reposait initialement sur les accusations d'anciennes admiratrices du prédicateur - la militante laïque et ancienne salafiste Henda Ayari et une femme connue sous le pseudonyme de «Christelle». Ces femmes ont décrit des rapports sexuels forcés et accompagnés d'une grande violence.

Robe tachée de sperme

Depuis mars, une troisième plaignante, Mounia R., l'accuse des mêmes faits et le parquet de Paris a requis une nouvelle mise en examen. Cette ancienne escort-girl est l'une des protagonistes du procès pour proxénétisme de l'hôtel Carlton aux côtés de l'ancien directeur du FMI, le Français Dominique Strauss-Kahn.

Tariq Ramadan, le feu de l’enfer médiatique

Accusé de harcèlement et de brutalité, l’islamologue est toujours plus isolé, sauf sur les réseaux sociaux.

Elle affirme avoir été violée à neuf reprises en France, à Londres et à Bruxelles, de 2013 à 2014. Pour prouver la relation sexuelle avec Tariq Ramadan, elle a versé au dossier une robe noire tachée de sperme. Les résultats des tests ADN sont attendus prochainement.

A l'inverse, la défense affirme avoir déposé lundi «plus de 300 vidéos et plus de 1000 photos» témoignant d'une relation consentie entre l'intellectuel et cette femme. Elle espère ainsi convaincre les juges de renoncer à cette mise en examen.

La famille au créneau

Si le prédicateur devait reconnaître une relation adultère, très éloignée des enseignements qui ont fait sa célébrité, ce serait un nouveau coup porté à l'aura de celui qui fut une rare figure médiatique et populaire de l'islam en Europe. Au gré des révélations sur sa vie personnelle dans cette affaire, ses soutiens se sont peu à peu effrités.

Sa famille en revanche monte régulièrement au créneau pour continuer à le défendre. «Mon soutien à mon père n'est ni aveugle, ni naïf. J'ai vécu pendant une trentaine d'années avec lui et les contradictions des plaignantes me confortent dans ma conviction», a ainsi affirmé sa fille Maryam Ramadan dans un entretien au quotidien Libération publié mardi.

En Suisse, une quatrième femme a porté plainte. Son témoignage doit encore être versé au dossier français. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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