Suisse romande: Taxe des taxis: dans la jungle des tarifs disparates
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Suisse romandeTaxe des taxis: dans la jungle des tarifs disparates

Des chauffeurs de taxi déplorent de grosses pertes financières et réclament des exemptions de taxe de la part des communes. Des localités ont accordé des baisses, voire des dispenses. D’autres, rien du tout.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye
Les chauffeurs de taxi morgiens se plaignent d’une taxe communale qu’ils estiment exorbitante et de la concurrence des taxis.

Les chauffeurs de taxi morgiens se plaignent d’une taxe communale qu’ils estiment exorbitante et de la concurrence des taxis.

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Les beaux jours sont bien là. Mais dans le milieu des taxis la grisaille qui s’est installée depuis le printemps passé avec la pandémie n’est pas sur le point de s’estomper. «Ce qui nous faisait travailler, c’était le monde de la nuit. Or tout est au point mort depuis longtemps», déplore un chauffeur. «Des propriétaires de taxi en sont venus à vendre une partie de leur outil de travail pour survivre», souligne un professionnel morgien. Directeur de Taxi Chaplin, à Vevey (VD), Bruno Perret déplore une perte de chiffre d’affaires de 65%.

La taxe pour taxi constitue un autre point de discorde. Selon le lieu d’activité, les tarifs appliqués par les communes sont très disparates. Le montant annuel réclamé à un propriétaire à Yverdon-les-Bains (150 fr. par véhicule) est l’équivalent de la taxe mensuelle à Morges (VD).

Tenant compte de la crise sanitaire et de ses conséquences économiques, Lausanne a octroyé une baisse en passant de 800 à 600 fr. La Ville de Genève s’est montrée encore plus généreuse: elle a appliqué une exemption totale aussi bien en 2020 que cette année.

À cause de l’absence de véritables signes de reprise, d’autres nuages assombrissent l’horizon. «Entre l’automne et février passé, pour limiter les dégâts j’ai dû licencier trois chauffeurs», signale le patron d’une flotte de taxis.

En vie grâce au transport scolaire

«Aujourd’hui, il m’arrive de rentrer avec 50 fr. après une journée de travail. Il n’y a plus de clients. Contrairement à avant, on travaille moins bien les week-ends», se plaint un chauffeur genevois. Dans cette morosité où presque tout le monde tire la langue, les entreprises qui pratiquent du transport scolaire sont moins affectées. «Ça nous permet d’avoir des revenus fixes», saluent deux propriétaires.

Les chauffeurs de Morges ont le blues

Les chauffeurs morgiens sont remontés contre la commune. «Il n’y a plus de clients mais nous payons 1800 fr. par an. C’est trop», se plaint un professionnel. «Entre les bus qui transportent les passagers jusque tard le soir, Uber, les taxes et la crise sanitaire, nous ne travaillons quasi plus», clame un chauffeur. La commune rappelle avoir appliqué une exemption de taxe de trois mois en 2020. Un geste que les taximans considèrent comme étant «largement insuffisant».

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142 commentaires
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Éducation venue d ailleurs

10.04.2021, 20:22

Qu'ils bidouillent leur compteur il a des pros dans ce métier. C'est pas ici qu'ils ont appris mais dans le doux pays de leur enfance.

certains sont gonflés des chevilles à la tête

10.04.2021, 09:10

Et c'est dans ce contexte économique difficile, entre mesures sanitaires entraînant pertes d'activités, télétravail, chômage partiel, ou dans les dpts Français des 74-01 parmi les plus impactés (hôpitaux pleins, malades transférés) sous limite de circulation des personnes à 10km, que surgit l'ex-élu d'Annemasse Dupessey (son élec invalidée par Tribunal fin dec 2020) pour exiger des autorités Suisses (Fédérales et Cantonales) que ses taxis restent libres d'exercer leurs entreprises sur territoire Suisse, au mépris de l'accord franco-suisse régulant l'activité des taxis français sur notre territoire, afin de le modifier, selon les mots du français Dupessey, "dans l'esprit du Grand-Genève".

Joe the Taxi Driver

10.04.2021, 06:45

Toujours propre avec des sièges anti-bactériologiques et une petite odeur de mon cigare, mon taxi charge votre belle-mère, son cabot et vos bagages lourds gratuitement, et vous ne payez qu'une petite surtaxe quand je tourne trois fois dans la même rue entre la route des Jeunes et Carouge. Naturellement, aux touristes anglophones je double le prix, mais il faut que ça reste entre nous.