Genève: Taxis à l'aéroport: «Il n'y a aucun contrôle!»
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GenèveTaxis à l'aéroport: «Il n'y a aucun contrôle!»

Les chauffeurs de taxi limitent fortement les prises en charge, ce jeudi à Cointrin. Ils y dénoncent la présence «illégale» de navettes étrangères pour les touristes.

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dra/leo/ats
Des passagers, des chauffeurs en colère, mais pas de voiture ce jeudi matin 10 janvier 2019 à la zone d'embarquement des taxis, au niveau des arrivées de l'aéroport de Genève.

Des passagers, des chauffeurs en colère, mais pas de voiture ce jeudi matin 10 janvier 2019 à la zone d'embarquement des taxis, au niveau des arrivées de l'aéroport de Genève.

leo

«L'exaspération est grandissante», soulignent les taxis genevois. Peu après 8h, ce jeudi matin, ils ont débuté une action de protestation à l'aéroport de Genève. Ils n'embarquent tout simplement plus de passagers, «sauf ceux avec des enfants en bas âge ainsi que les personnes handicapées et les seniors», explique Mohamed Gharbi, porte-parole des chauffeurs en colère. Les accès en bus ou aux parkings pour les véhicules privés ne seront pas bloqués, assurent cependant les protestataires.

Ces derniers dénoncent le cabotage et «le démarchage sauvage des clients par des transports illégaux». Dans leur viseur: les navettes étrangères entre Cointrin et les stations de ski suisses et françaises. «Il n'y a aucun contrôle! C'est pourtant à la direction de l'aéroport de le faire, mais elle n'agit pas», fulminent les taxis genevois. Ils évoquent la présence toujours plus nombreuse de véhicules immatriculés à l'étranger, comme en France, en Italie ou en Lituanie, qui prennent en charge des passagers. Contrairement à eux, dénoncent les professionnels, ils ne sont pas soumis à différentes taxes.

Tarifs «plus compétitifs»

Les chauffeurs de taxi genevois paient 1400 francs par an pour exercer, rappellent-ils. A l'entrée de l'aéroport, ils doivent en outre s'acquitter d'une taxe de 1,50 franc, une somme qui est reportée sur le prix de la course: «Nos tarifs ne sont plus compétitifs, on perd des clients», constate un chauffeur. Certains disent avoir vu leurs chiffres baisser de 40 à 50%. «Cela fait 25 ans que j'exerce, je n'ai jamais vu une situation pareille», tonne un autre.

De son côté, Genève Aéroport assure respecter les lois et règlements en vigueur. Sa porte-parole, Madeleine Von Holzen, objecte cependant que «la situation dépasse largement les compétences de l'aéroport, notamment concernant les prises en charge sur l'espace public alentour.»

Cointrin indique avoir été mis au courant à l'avance de l'action des taxis. Vers midi, la situation était calme. Une cinquantaine de conducteurs de taxi s'étaient rassemblés devant la station située aux arrivées. Du personnel de l'aéroport informait en français ou en anglais les passagers à la recherche de taxis. Ceux-ci ont été orientés vers les bus TPG ou les trains CFF.

Touristes surpris

A la station de taxis, un couple de touristes grecs devant se rendre à Megève (F) a été surpris: «On a été choqués d'apprendre qu'il y avait une grève ici, à Genève. Heureusement, on a pu appeler un ami pour qu'il vienne nous chercher, sinon on aurait été embêté.» Venus au bout du lac pour affaires, trois voyageurs relativisent: «On vient de Paris, on a les gilets jaunes, alors on a l'habitude des revendications. On va se dépêcher de prendre un billet de bus. On aura juste un peu de retard.» Pas encore au courant du mouvement des taxis, deux jeunes anglais prennent la chose avec le sourire: «C'est une petite complication avec laquelle on composera.»

Reconduit vendredi

Le mouvement sera reconduit vendredi. Genève Aéroport conseille aux voyageurs de consulter son application, son site ou encore son compte Twitter pour se tenir au courant d'éventuels dérangements.

Pas seulement Genève

Taxi à Verbier (VS), Frédéric Delarze est l'un des chauffeurs valaisans venus soutenir ses collègues genevois. «On nous pique notre boulot et les contrôles sont ultralimités», s'est-il insurgé. Une compagnie dont le siège est en Croatie, avec numéro de téléphone autrichien dont les véhicules circulent avec des plaques allemandes, demande 260 euros pour un transfert vers Verbier, alors que le prix officiel est de 500 euros. «Avec nos charges, il est impossible de ramer. La problématique est la même pour les stations vaudoises et à l'aéroport de Zurich pour les stations grisonnes», a-t-il souligné.

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