Tchad: les ressortissants suisses prêts à être évacués
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Tchad: les ressortissants suisses prêts à être évacués

Les rebelles ont affirmé samedi avoir pris le contrôle de la capitale tchadienne N'Djamena, après quelques heures de combats avec les troupes gouvernementales. L'armée française se prépare à évacuer des ressortissants étrangers, dont des Suisses.

Le président Idriss Deby, encerclé dans la présidence, peut partir s'il le désire, a affirmé samedi après-midi à l'AFP un responsable de la rébellion, Abakar Tollimi.

«Nous contrôlons la situation, nous contrôlons la ville, il y a des poches de résistance. Ils (les soldats gouvernementaux) sont juste autour du palais présidentiel et font du pilonnage à l'arme lourde», a ajouté M. Tollimi.

Situation confuse

Les autorités tchadiennes ont cependant nié que la capitale soit tombée. «Les forces de défense et de sécurité tchadiennes contrôlent la capitale», a affirmé Mahamat Ali Abdallah Nassour, ministre d'Etat. Il a assuré s'exprimer depuis la présidence d'où, a-t-il dit, le chef de l'Etat conduit les opérations.

La situation reste confuse en soirée. Selon des sources militaires, les rebelles contrôlent les quartiers périphériques et une bonne partie du centre-ville.

Selon une source militaire française, environ 2000 rebelles ont pénétré à N'Djamena à bord de 4X4. Des tirs de mitrailleuses et d'armes lourdes ont été entendus durant toute la journée. Les belligérants n'ont diffusé aucun bilan des combats.

Deux Saoudiennes, l'épouse et la fille d'un employé de l'ambassade d'Arabie saoudite, ont été tuées samedi par l'explosion d'une bombe à la résidence de l'ambassadeur à N'Djamena. Des sources diplomatiques ont précisé qu'il ne s'agissait pas d'un tir délibéré.

L'UA menace

Au sommet de l'Union africaine (UA) à Addis-Abeba, les dirigeants du continent ont condamné l'entrée des rebelles dans N'Djamena et menacé de les chasser de l'UA s'ils accédent au pouvoir.

«En cas de victoire de la rébellion, nous les excommunierons de l'Union africaine», a déclaré le nouveau président en exercice de l'UA, le Tanzanien Jakaya Kikwete.

Evacuations envisagées

La France, ex-puissance coloniale, a également condamné le coup de force des rebelles et apporté son soutien à la médiation décidée par l'UA. Le président Nicolas Sarkozy s'est «entretenu longuement avec le président Deby», a précisé le porte-parole de l'Elysée.

Sept cents Français et étrangers, dont 80 Suisses résidant à N'Djamena, ont rejoint trois points de ralliement mis en place dans la capitale par les autorités françaises en vue d'une éventuelle évacuation vers Libreville, au Gabon. Paris dispose de près de 1500 soldats au Tchad.

Aucune décision d'évacuer les ressortissants suisses du Tchad, 120 au total, n'a été prise pour l'instant, a indiqué en soirée le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Les 40 autres Suisses enregistrés dans le pays se trouvent dans des zones épargnées par les combats, notamment à Abéché, près de la région soudanaise du Darfour.

Les Suisses immatriculés au Tchad ne sont pas des touristes, a souligné M.Börlin. Il s'agit notamment de collaborateurs du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), d'ONG et de missionnaires. (ats)

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