Actualisé 08.02.2008 à 14:27

Tchad: retour au calme à N'Djamena

L'ONU a demandé vendredi aux ONG et aux travailleurs humanitaires de revenir au Tchad, afin d'assurer l'aide indispensable à 400 000 réfugiés et déplacés.

Plus de 30 000 réfugiés tchadiens doivent en outre être assistés au Cameroun.

«La situation est calme pour le moment à N'Djamena. Dès que possible, les humanitaires doivent recommencer à travailler avant que les stocks soient épuisés dans le pays», a déclaré vendredi la porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU Elisabeth Byrs.

«De manière à assurer un déroulement normal de nos opérations et à éviter des pénuries dans l'est du Tchad, nous avons besoin d'établir un corridor humanitaire par voie aérienne entre N'Djamena et Abeche», a ajouté la porte-parole du HCR Jennifer Pagonis.

Le week-end dernier, les agences de l'ONU avaient évacué une grande partie de leur personnel en raison des violents combats dans la capitale tchadienne. Les rebelles se sont retirés dans l'arrière- pays après l'échec de leur coup de force contre le président Idriss Déby.

Plus de 30 000 réfugiés au Cameroun

Selon une porte-parole de l'UNICEF, Véronique Taveau, seulement quelques centaines de Tchadiens réfugiés au Cameroun sont rentrés à N'Djamena jusqu'ici. Ils sont plus de 30 000 à avoir fui les combats de l'autre côté de la rivière Chari.

«Les gens vont et viennent. Certains rentrent à N'Djamena la journée et reviennent dormir la nuit. Les familles restent en lieu sûr à Kousseri», a précisé la porte-parole du Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR).

Le HCR, le Programme alimentaire mondial (PAM) et la Fédération internationale de la Croix-Rouge ont acheminé entre jeudi et vendredi des dizaines de tonnes de vivres et de matériel pour les aider, à partir de Yaoundé et de Garoua au Cameroun.

Consigne levée

L'ambassade de France au Tchad a levé vendredi la consigne de «regroupement» donnée il y a une semaine à ses ressortissants. Les Français qui le souhaitent peuvent rentrer chez eux, à condition de respecter le couvre-feu en vigueur la nuit depuis jeudi et de ne pas sortir de la ville.

Amnesty International a dénoncé au moins trois exécutions extrajudiciaires par des membres de l'armée tchadienne. Amnesty redoute «que les autorités tchadiennes ne commencent une gigantesque chasse aux sorcières» visant également des journalistes ou des défenseurs des droits de l'homme, en représailles à l'attaque rebelle. (ats)

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