Iran: Un site nucléaire non déclaré préoccupe l'AIEA
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IranUn site nucléaire non déclaré préoccupe l'AIEA

Alors que Téhéran a confirmé mardi la limitation des contrôles sur son programme nucléaire, l’AIEA s’est dite «vivement préoccupée» par la possible présence de matière nucléaire sur un site iranien non déclaré.

Un site nucléaire non déclaré préoccupe Rafael Mariano, directeur général de l'AIEA.

Un site nucléaire non déclaré préoccupe Rafael Mariano, directeur général de l'AIEA.

AFP

L’Iran a confirmé mardi l’entrée en vigueur de la limitation des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur ses activités nucléaires, après l’expiration d’une échéance fixée par Téhéran pour la levée des sanctions américaines. «La mise en œuvre de (la) loi (du Parlement) a commencé ce matin», a indiqué le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

AIEA se dit «vivement préoccupée»

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’est déclarée «vivement préoccupée» par la possible présence de matière nucléaire sur un site iranien non déclaré, selon un rapport consulté mardi par l’AFP à Vienne.

Ces propos interviennent dans un contexte tendu, alors que l’Iran a commencé à limiter les inspections de l’agence onusienne, après l’expiration d’une échéance fixée par Téhéran pour la levée des sanctions américaines.

«Nous avons officiellement annoncé le 15 février à l’Agence internationale de l’énergie atomique que la loi du Parlement serait mise en œuvre, à partir du matin du 23 février», a ajouté M. Zarif, soulignant néanmoins que la coopération de Téhéran avec le gendarme onusien du nucléaire se poursuivait.

Maintien des sanctions rétablies en 2018

Conformément à un texte adopté par le Parlement iranien en décembre, le gouvernement est tenu de limiter certaines inspections de l’AIEA sur des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspects, en cas de maintien des sanctions rétablies en 2018 par la précédente administration de Donald Trump, après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

En riposte au retrait américain, l’Iran s’est affranchi progressivement depuis 2019 de nombreuses limitations qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en échange d’un allègement des sanctions à son encontre.

L’Iran et l’AIEA – «chien de garde nucléaire» de l’ONU – ont annoncé dimanche un accord «temporaire» pour maintenir une surveillance des activités nucléaires, bien que réduite, le temps que les pourparlers diplomatiques s’engagent entre les parties de l’accord international encadrant le programme nucléaire iranien conclu en 2015 à Vienne, afin de tenter de sortir de l’impasse actuelle.

«Degré nécessaire de surveillance et de vérification»

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, avait assuré que son organisation restait «en mesure de maintenir le degré nécessaire de surveillance et de vérification», après des pourparlers, dimanche, avec les responsables iraniens à Téhéran.

De son côté, le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabii, a salué mardi la conclusion d’un accord «efficace et rassurant» avec M. Grossi, affirmant qu’il permettait d’éviter de «nuire aux relations, à la confiance mutuelle et à la coopération positive entre l’Iran et l’AIEA».

Londres, Paris et Berlin «regrettent» la limitation des inspections

Londres, Paris et Berlin «regrettent profondément», dans un communiqué commun diffusé mardi, la limitation «dangereuse» des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur les activités nucléaires de l’Iran.

«Nous, ministres des Affaires étrangères de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni, regrettons profondément que l’Iran ait commencé (…) à suspendre le protocole additionnel et les mesures de transparence» de l’accord sur le nucléaire iranien, dénoncent-ils, soulignant la «nature dangereuse» de la décision de Téhéran.

(AFP)

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