Actualisé 12.02.2013 à 13:01

IranTéhéran convertit de l'uranium enrichi à 20%

L'Iran est en train de convertir de l'uranium enrichi à 20% pour en faire du combustible, a annoncé mardi un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

«Ce travail est en cours et toutes les informations ont été adressées à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'une manière complète», a indiqué le porte-parole, cité par l'agence de presse officielle Irna.

En convertissant une petite partie de son uranium hautement enrichi pour en faire du combustible à usage civil, Téhéran gagnerait du temps pour permettre l'ouverture de négociations directes avec les Etats-Unis sur le nucléaire. Ce processus, qui réduirait le stock d'uranium disponible, est l'un des rares moyens à même de désamorcer la crise qui risque d'éclater.

Sans lui, Téhéran risque en effet de dépasser d'ici juin la «ligne rouge» au-delà de laquelle Israël pourrait recourir à la force pour l'empêcher de se doter d'un tel arsenal. L'Iran et les six puissances (les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU plus l'Allemagne) qui négocient sur ses activités nucléaires se rencontreront le 26 février au Kazakhstan.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a déclaré à ce sujet qu'il espérait que les entretiens d'Almaty permettraient d'avancer sur le dossier. Téhéran a d'ailleurs affirmé mardi que la visite du site militaire de Parchin par l'AIEA serait possible dans le cadre d'un «accord global» avec l'agence onusienne respectant ses droits à l'énergie nucléaire pacifique.

Peu de progrès en vue

Une délégation de l'AIEA doit arriver dans la nuit de mardi à mercredi à Téhéran. Elle doit tenter une nouvelle fois d'obtenir un accord lui donnant un pouvoir plus large pour vérifier si le programme nucléaire de Téhéran cache ou non un volet militaire.

L'AIEA demande depuis un an de pouvoir visiter le site de Parchin, où l'Iran aurait procédé à tests d'explosions de type conventionnel aussi susceptibles d'être utilisés pour une bombe atomique. L'agence soupçonne Téhéran de bloquer l'accès au site afin d'effacer toute trace compromettante.

La République islamique est soupçonnée par l'Occident de chercher à se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme nucléaire civil. Téhéran dément et assure que son programme atomique est essentiellement destiné à produire de l'électricité.

Côté diplomatie, rares sont ceux qui tablent sur des progrès avant l'élection présidentielle de juin en Iran. Le prochain rapport de l'AIEA attendu fin février devrait apporter davantage de détails. L'évaluation de la quantité d'uranium enrichi dont dispose l'Iran constituera l'un des points critiques du dossier. (ats)

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