Actualisé 20.07.2020 à 12:29

IranTéhéran exécute un espion qui a aidé à localiser un général

Les autorités iraniennes ont mis fin aux jours de Mahmoud Moussavi Majd, reconnu coupable d’espionnage pour le compte d’Israël et des États-Unis.

L’Iran dit avoir exécuté l’espion «afin que le cas de sa trahison envers son pays soit clos pour toujours».

L’Iran dit avoir exécuté l’espion «afin que le cas de sa trahison envers son pays soit clos pour toujours».

AFP

L'Iran a exécuté lundi un ancien traducteur reconnu coupable d'espionnage au profit des Etats-Unis et d'Israël, notamment sur les déplacements d'un général iranien tué plus tard par les Américains, a annoncé la justice.

Téhéran et Washington étaient au bord d'un conflit après l'élimination en janvier par les Etats-Unis du général Qassem Soleimani, tué par une frappe de drone près de l'aéroport de Bagdad, en Irak.

En riposte à cet attentat contre le commandant de la Force Qods, l'unité d'élite chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime iranien, Téhéran avait lancé des missiles contre des bases militaires irakiennes abritant des Américains, provoquant d'importants dégâts matériels sans faire de victimes, selon Washington.

«Trahison envers son pays»

L'ex-traducteur Mahmoud Moussavi Majd a été accusé d'avoir fourni à la CIA et au Mossad des renseignements sur les forces iraniennes en Syrie et notamment sur les déplacements du général Qassem Soleimani.

«La condamnation de Mahmoud Moussavi Majd a été exécutée lundi matin pour espionnage, afin que le cas de sa trahison envers son pays soit clos pour toujours», a indiqué le site officiel de la justice iranienne, Mizan Online.

Selon le communiqué de l'Autorité publié en juin, le processus judiciaire sur l'affaire Majd avait débuté «longtemps avant» l'assassinat du général, et il n'était pas impliqué dans l'opération d'élimination de Soleimani.

Majd a émigré en Syrie dans les années 1970 avec sa famille et a travaillé comme traducteur en anglais et en arabe dans une entreprise, a ajouté Mizan, soulignant que le condamné avait choisi d'y rester après la guerre en Syrie pendant que sa famille partait.

«Sa connaissance de l'arabe et sa familiarité avec la géographie de la Syrie l'ont rendu proche des conseillers militaires iraniens, et il a pris des responsabilités dans des groupes stationnés d'Idleb à Lattaquié», a ajouté le site.

«Dollars américains»

Majd n'était pas un membre officiel des Gardiens de la Révolution «mais a infiltré de nombreuses zones sensibles sous couvert de traducteur», selon Mizan.

L'Autorité ajoute encore que Majd a reçu des «dollars américains pour révéler des informations sur les convois de conseillers, l'équipement militaire et les systèmes de communication, les commandants et leurs mouvements, les zones géographiques importantes, les codes et les mots de passe» jusqu'à ce qu'il fasse l'objet d'un contrôle et soit privé d'accès à ces informations.

La télévision d'Etat a diffusé une vidéo montrant la photo d'une femme présentée comme une intermédiaire de la CIA avec Majd et un enregistrement présenté comme un appel téléphonique entre les deux. Selon la vidéo, c'est après l'interception d'une communication entre eux qu'un signalement a été effectué par les services de renseignement des Gardiens de la Révolution.

L'audiovisuel public a également montré un homme assis présenté comme Majd avouant avoir reçu des messages codés et rencontré des intermédiaires pour leur fournir «des photos et des documents sur les forces et les commandants» des Gardiens de la Révolution.

Exécutions et arrestations

Selon la vidéo, Majd avait prévu de travailler également avec les services de renseignement saoudiens avant d'être arrêté.

Majd a été arrêté le 10 octobre 2018, selon Mizan. L'Iran a également annoncé mardi l'exécution de Reza Asgari, un Iranien ayant travaillé pour la division aérospatiale du ministère de la Défense, qui, lui aussi avait reçu d'importantes sommes d'argent de la part de CIA «en vendant les informations qu'il avait eues» sur les missiles, selon la même source.

Téhéran avait par ailleurs prononcé en février la condamnation à mort d'Amir Rahimpour, un autre Iranien reconnu coupable d'avoir «tenté de fournir (à la CIA) des informations sur le (programme) nucléaire» du pays.

Et en juillet 2019, la République islamique avait annoncé l'arrestation de 17 Iraniens dans le cadre du démantèlement d'un «réseau d'espions» de la CIA, et condamné à mort plusieurs d'entre eux.

Washington a qualifié de «totalement fausses» ces affirmations.

(AFP/NXP)

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