Nucléaire iranien: Téhéran pourrait prolonger les négociations d'un an
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Nucléaire iranienTéhéran pourrait prolonger les négociations d'un an

L'Iran envisage de prolonger les négociations nucléaires pendant six à douze mois, en cas d'absence d'accord politique d'ici dimanche soir, à l'issue des négociations de Vienne.

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry, l'ancienne responsable des Affaires étrangères de l'UE Catherine Ashton ont rencontré à Vienne le Ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif.

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry, l'ancienne responsable des Affaires étrangères de l'UE Catherine Ashton ont rencontré à Vienne le Ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif.

Les diplomates étaient engagés dimanche dans d'ultimes tentatives à Vienne pour éviter une prolongation des négociations sur le programme nucléaire de Téhéran. Ils ont jusqu'à lundi soir pour tenter de sceller un accord historique entre l'Iran et les grandes puissances.

La journée était décisive pour, soit arracher un véritable accord politique, soit envisager une nouvelle prolongation des négociations, qui serait très périlleuse politiquement.

«Il n'y a pas de discussion en cours sur une prolongation. Tout le monde travaille pour parvenir à un accord politique», a affirmé une source russe à l'agence Ria Novosti. «Pour l'instant, toutes les négociations sont consacrées à la recherche d'une solution possible avant le 'deadline'», a confirmé une source iranienne.

Tractations ininterrompues

«Le principe d'une prolongation des discussions est sur la table et nous allons commencer à l'évoquer si aucun accord n'est trouvé d'ici dimanche soir», a toutefois assuré un autre diplomate de la République islamique, dans un climat frénétique de tractations quasiment ininterrompues.

Les chefs de la diplomatie américaine et iranienne, John Kerry et Mohammad Javad Zarif, se sont déjà rencontrés en tête-à-tête à cinq reprises, sous l'égide de la négociatrice européenne Catherine Ashton. De source iranienne, ils devaient encore se retrouver dans l'après-midi.

Leurs homologues russe Sergueï Lavrov, français Laurent Fabius et britannique Philip Hammond étaient attendus dans la soirée dans la capitale autrichienne pour tenter de débloquer les débats. MM. Fabius et Hammond devaient dîner avec John Kerry et l'Allemand Frank-Walter Steinmeier.

Le secrétaire d'Etat américain a aussi multiplié les contacts avec ses homologues des pays arabes, de la Turquie et au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui se méfie d'un accord international avec la République islamique. Il a rencontré dimanche le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Saoud al-Fayçal.

Divergences profondes

Mais à une trentaine d'heures de la limite imposée, et alors que des divergences profondes demeurent, tant l'Iran que les «5 1» (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) évoquaient le scénario d'une éventuelle prolongation.

Les Etats-Unis ont ainsi admis pour la première fois samedi soir, à demi-mot par la voix d'un diplomate, envisager des solutions de substitution à un accord complet et définitif. Barack Obama a de son côté affirmé, dans une interview enregistrée vendredi mais diffusée dimanche, que «les divergences restent importantes».

Plus précise, une source iranienne a fait savoir dimanche qu'en cas d'échec, Téhéran serait prêt à prolonger de nouveau «pendant six mois ou un an» l'accord intérimaire de Genève de novembre 2013.

Un «moindre mal»

Cet accord expirant lundi soir a permis de lancer la négociation après 12 ans de tensions. Prolongé déjà une fois en juillet, il prévoit le gel d'une partie des activités nucléaires de l'Iran contre une levée partielle des sanctions internationales.

Le proroger encore «serait le moindre mal», a plaidé la source iranienne, en expliquant que le pire serait «un climat de confrontation avec une escalade de part et d'autre. Par exemple, qu'on réponde à de nouvelles sanctions par un développement du programme nucléaire.»

La communauté internationale exige que l'Iran réduise ses capacités nucléaires afin d'exclure tout débouché militaire. Téhéran, qui soutient que son programme nucléaire est strictement pacifique, revendique son droit à une filière nucléaire civile complète et demande la levée des sanctions économiques qui l'asphyxient.

Un accord «tôt ou tard»

Toutefois, «aucune des parties ne peut se permettre un échec des discussions», juge l'experte en non-prolifération nucléaire Kelsey Davenport, de l'Arms Control Association. «Un bon accord est plus important qu'une date butoir», souligne-t-elle.

«Tôt ou tard, l'Iran et le 5 1 signeront un accord», a de son côté assuré le chef du programme nucléaire iranien Ali Akbar Salehi samedi soir à la chaîne de télévision libanaise Al-Manar. (ats/afp)

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