Téléchargement illégal: 220.000 dollars d'amende
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Téléchargement illégal: 220.000 dollars d'amende

L'industrie phonographique vient de remporter une bataille contre le téléchargement illégal aux Etats-Unis.

Un jury fédéral a ordonné à une internaute du Minnesota de payer 222.000 dollars (258.000 francs) à six maisons de disques qui avaient porté plainte pour partage de titres en ligne en violation de la législation sur les droits d'auteur.

La décision a été rendue jeudi à l'encontre de Jammie Thomas, 30 ans, condamnée à verser 9250 dollars pour chacune des 24 chansons pour lesquelles les plaignants réclamaient des dommages. Sony BMG, Arista, Interscope, UMG, Capitol et la Warner l'accusaient d'avoir téléchargé des chansons sans autorisation et d'avoir partagé en ligne 1702 titres via un compte sur Kazaa.

La jeune femme a démenti avoir contrevenu à la loi et affirmé qu'elle n'avait pas de compte sur Kazaa.

«Elle était en larmes», la nouvelle lui a porté «un coup terrible», a déclaré l'avocat de Jammie Thomas, Brian Toder, à l'Associated Press, après l'annonce de la décision judiciaire.

Richard Gabriel, avocat des maisons de disques, a pour sa part jugé que cette décision «envoyait un message» sur le fait que «télécharger et distribuer (leurs) enregistrements n'est pas bien».

Les ventes de disques ont chuté ces dernières années alors qu'un nombre croissant d'internautes optent pour le partage de fichiers musicaux. L'industrie phonographique a déposé des milliers de plaintes pour piratage musical présumé, mais l'action visant Jammie Thomas est la première du type à avoir donné lieu à un procès, dans la mesure où les dossiers de la plupart des suspects se sont réglés à coups de versements de milliers de dollars.

Au cours des trois jours de procès, les maisons de disques se sont attachées à présenter des éléments montrant selon elles que les titres sous copyright étaient proposés par un utilisateur de Kazaa sous le nom de «tereastarr». Leurs témoins, dont des représentants d'un fournisseur d'accès à Internet et d'une société de sécurité, ont affirmé que l'adresse Internet utilisée par «tereastarr» appartenait à Jammie Thomas.

L'avocat de la jeune femme a cependant observé dans sa plaidoirie que les maisons de disques n'avaient jamais prouvé que «Jammie Thomas, un être humain, avait envoyé ces choses» depuis son clavier. «Nous ne savons pas ce qui s'est produit», a-t-il dit aux jurés. «Tout ce que nous savons, c'est que Jammie Thomas n'a pas fait cela». (ap)

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