Actualisé 31.03.2015 à 07:42

SuisseTélémarketing: opérateurs sommés de couper la ligne

La Fédération romande des consommateurs lance un ultimatum face au télémarketing agressif.

de
David Maccabez
Les consommateurs en ont assez du non-respect de l'astérisque.

Les consommateurs en ont assez du non-respect de l'astérisque.

Marre d'être dérangés en plein repas par l'appel d'un vendeur de casseroles? La loi est de votre côté, en principe. En faisant apposer un astérisque à côté de son numéro dans l'annuaire, on se débarrasse de ce genre de coup de fil. En théorie...

Car la réalité est toute autre. La Fédération romande des consommateurs (FRC) et ses consœurs alémanique et tessinoise d'une part et le Secrétariat à l'économie (SECO), d'autre part, reçoivent des milliers de plaintes chaque année qui dénoncent le non-respect de cette disposition, pourtant inscrite dans la loi. La FRC et consorts ont donc exigé des opérateurs principaux de téléphonie fixe (Swisscom, Sunrise et Cablecom) qu'ils «mettent en place une solution technique de blocage.» Le système, déjà testé chez de plus petits fournisseurs, a fait ses preuves. «Alors s'ils répondent que c'est impossible, qu'ils le prouvent!», renchérit Valérie Muster, juriste à la FRC.

Swisscom et ses concurrents ont jusqu'au 30 avril pour se positionner. Si le dossier piétine, il rebondira à Berne: le conseiller national Jacques André Maire (PS/NE) interpellera en effet le Conseil fédéral. «Mais je doute d'une réelle volonté politique de changer les choses», regrette le député, qui se rappelle notamment de l'échec de l'interdiction du télémarketing pour les caisses-maladies au Parlement. Contactés, les concernés ont pris acte de la demande, mais n'ont pas souhaité la commenter. «Sunrise est disposée à collaborer à améliorer la situation actuelle», a toutefois précisé son porte-parole Roger Schaller.

Plaintes en cascade

Depuis le 1er avril 2012, la FRC et ses pendants enregistrent environ 5000 réclamations par an. Le SECO en a comptabilisé environ 20'000 en 3 ans. Parfois, elles donnent lieu à des procédures pénales. Mais les émetteurs sont souvent à l'étranger ou difficilement identifiables. Ils utilisent en effet des faux numéros, correspondant parfois à d'autres entreprises ou particuliers. Sur la période, 41 actions en justice ont été lancées par le SECO et 17 ont abouti à des condamnations.

Quelques trucs pour avoir la paix

- Via internet, les clients de Swisscom peuvent dresser une liste des numéros indésirables et faire bloquer les numéros masqués. Depuis son clavier, il est aussi possible d'empêcher le dernier appelant de rappeler en composant *00#. Sunrise propose le même type de service.

- Depuis début 2013, les utilisateurs romands de petits opérateurs, comme Net+, peuvent installer un boîtier, la «Katia», qui permet de filtrer les appels indésirables.

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