Vernier (GE): Temple éphémère dédié au graffiti et au skate
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Vernier (GE)Temple éphémère dédié au graffiti et au skate

Quarante riders et autant d'artistes de rue ont participé le week-end dernier à un festival dans un garage moto voué à la destruction. Une initiative que l'organisateur espère réitérer.

par
tpi

Encore visibles ce lundi, les fresques sont appelées à disparaître au plus tard la semaine prochaine. (Vidéo: 20Minutes)

Les odeurs d'huile de moteur ont laissé leur place au doux parfum des bombes à peinture. Le week-end dernier, un garage moto en plein cœur du quartier de Châtelaine, à Vernier (GE), a accueilli un festival dédié au skate et au graffiti. Particularité de ce «Pump up the Jam!»: les immenses fresques réalisées pendant les deux jours de la manifestation ont une durée de vie limitée. En effet, les murs sur lesquels elles ont été peintes sont appelés à être très prochainement détruits.

«Il y a beaucoup plus de créativité que de lieux à disposition pour l'exprimer», commente Jim Zbinden, patron du musée du skate Pulp68, qui a organisé le festival en compagnie de proches actifs dans le milieu du graffiti. Mercredi dernier, en apprenant par hasard la fermeture du concessionnaire (voir encadré), il a donc sauté sur l'occasion.

«Les personnes âgées ont adoré»

Ensuite, tout s'est enchaîné: «La demande d'occuper les lieux est partie jeudi, le feu vert est tombé le vendredi. On a ensuite eu un jour pour monter les modules de skate et inviter les artistes. Je tiens vraiment à remercier les autorités de Vernier pour leur réactivité et leur confiance, insiste Jim Zbinden. Le fait que ce soit légal a libéré tout le monde et surtout a permis de faire sortir le graff des obscures zones industrielles.»

Malgré l'urgence, 40 graffeurs et au moins autant de skateurs ont répondu à l'appel. Le site, très passant, a permis à la population de découvrir un travail parfois méconnu. «Ce qui m'a surpris, c'est les retours hyper positifs des gens, et notamment des personnes âgées», se réjouit l'organisateur.

Idéalement, il souhaiterait que le festival fasse des émules. «Tous les bâtiments industriels ou privés qui sont en attente de démolition méritent une autre fin, argue Jim Zbinden. On est prêt à les faire vivre une dernière fois. Et il faut aussi que le politique se rende compte que ce qu'il considère être du court terme est perçu comme du long terme pour nous. Par exemple, pouvoir transformer une halle en skatepark indoor pendant 6 mois d'hiver serait déjà précieux.»

Musée du skate à rénover

Le toit du musée du skateboard, Pulp68, tombe en lambeaux. C'est dans l'espoir de trouver un autre lieu susceptible d'accueillir sa collection que Jim Zbinden a demandé à pouvoir déménager dans le garage de Châtelaine. Raté, puisque le site doit être détruit dans le mois encore. Il a donc lancé une campagne de crowdfunding afin de réunir les fonds nécessaires pour réparer la toiture du musée.

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