Actualisé 01.10.2012 à 10:40

Amnesty International Ténors de l'UDC déguisés en réfugiés

Une campagne contre le durcissement de l'asile met en scène «Mustapha» Blocher ou «Jussuf» Freysinger.

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Till Hirsekorn/phf/joe

«C'est insultant, grossier, injuste. Ils choisissent la victime la plus facile pour fustiger un faux problème.» Le vice-président de l'UDC Oskar Freysinger goûte peu la nouvelle campagne d'Amnesty International contre le durcissement des lois sur l'asile.

Dès aujourd'hui et pendant tout le mois d'octobre, des affiches, des cartes postales et un site internet (ca-suffit.ch) montreront des ténors de l'UDC transformés en réfugiés. Le conseiller national valaisan pose affublé d'un turban, sur un fond de ruines syriennes. Dans une vidéo, le tribun zurichois Christoph Blocher et le ministre de la Défense Ueli Maurer, affamés, font bouillir dans une marmite le bouc «Zottel», la mascotte de l'UDC.

«En mettant en scène des personnalités, on a davantage de chances de toucher un large public, justifie Nadia Boehlen, porte-parole d'Amnesty International. C'est une campagne sous le signe de l'humour.» La riposte ne se fait pas attendre: «Faute d'arguments concrets, on se moque des gens», réplique le secrétaire général de l'UDC, Martin Baltisser. Le président du parti, Toni Brunner, refuse de réagir à une campagne qu'il juge «bête». Quant à Oskar Freysinger, il rappelle que les agrariens ne s'attaquent pas aux demandeurs qui ont vraiment droit à l'asile, mais à ceux qui posent des problèmes. «Le PDC et le PLR, qui acceptent les textes que nous proposons, doivent aussi assumer le durcissement de l'asile.» Les juristes apprécieront diversement l'ironie de cette campagne. Selon l'avocat Matthias Schwaibold, spécialiste du droit de la personnalité, il n'y a pas matière à porter plainte.

Le parti veut liquider l'asile en 30 jours

L’UDC prévoit de lancer l’an prochain une nouvelle initiative populaire. L’objectif est de rendre le droit d’asile plus efficace et plus sûr, a souligné le président du parti, Toni Brunner, dans la «SonntagsZeitung». Pendant toute la durée de la procédure, réduite à 30 jours, les requérants seraient placés dans des camps fermés, ce qui réglerait les problèmes de criminalité et faciliterait les renvois. Un délai de recours de 10 jours est prévu. Aujourd’hui, la demande peut s’étaler sur quatre ans.

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