Actualisé 11.03.2013 à 21:34

Corées

Tension à son paroxysme lors du début de l'exercice

Les troupes sud-coréennes et leur allié américain ont entamé lundi leurs manoeuvres militaires annuelles.

Ces manoeuvres militaires ont été vivement condamnées par la Corée du Nord qui a menacé Séoul et Washington de frappe nucléaire et suspendu sa ligne de communication en cas d'urgence.

La Corée du Sud et les Etats-Unis - qui comptent 28'500 soldats dans le sud de la péninsule - ont lancé leurs manoeuvres baptisées «Key Resolve». Celles-ci sont en partie virtuelles, mais elles mobilisent des milliers de soldats. Comme tous les ans, Pyongyang a condamné ces exercices qu'il assimile à l'invasion du Nord par le Sud aidé de Washington.

Ces manoeuvres interviennent après une semaine de très fortes tensions sur la péninsule: Pyongyang a menacé la semaine dernière de dénoncer dès ce lundi l'accord d'armistice mettant fin à la guerre de Corée en 1953. Le régime a également brandi le spectre d'une «guerre thermonucléaire» et averti les Etats-Unis qu'ils s'exposaient à une «frappe nucléaire préventive».

Vote déclencheur

Aux sources de ce contexte explosif, le tir réussi en décembre d'une fusée considérée par Séoul et ses alliés comme un missile balistique, suivi d'un troisième essai nucléaire en février puis de nouvelles sanctions votées vendredi par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Les Etats-Unis n'ont pas tardé à prendre des sanctions. Lundi, les autorités américaines ont annoncé avoir placé la banque nord-coréenne du commerce extérieur sur leur liste noire des entités interdites d'activités aux Etats-Unis pour tenter d'assécher les rentrées de devises utilisées par Pyongyang dans son programme nucléaire.

Après le vote de l'ONU, le régime nord-coréen a fait savoir qu'il considérait désormais comme nuls et non avenus «tous les accords de non-agression entre le Nord et le Sud». Le «Rodong Sinmun», le quotidien du parti communiste nord-coréenne, a confirmé dans son édition de lundi «la fin complète» de l'accord d'armistice qui avait arrêté la guerre de Corée en 1953.

Téléphone rouge suspendu

Le ministère sud-coréen de l'Unification - chargé des relations entre les deux voisins - a annoncé lundi que le Nord semblait avoir mis en oeuvre une autre de ses menaces, la suspension du téléphone rouge entre Pyongyang et Séoul, lien de communication en cas d'urgence.

Cette ligne, installée en 1971, a été suspendue à cinq reprises par le Nord, la dernière fois en 2010. Les deux parties l'utilisent habituellement deux fois par jour, mais «le Nord n'a pas répondu ce matin», a indiqué une porte-parole du ministère.

Menaces, bravades et démonstrations de force sont habituelles de part et d'autre de la ligne de démarcation coréenne depuis la fin de la guerre fratricide il y a 60 ans, mais certains observateurs jugent la situation si tendue que le moindre incident pourrait avoir des conséquences graves.

Manoeuvres nord-coréennes

Selon le ministère sud-coréen de la Défense, le Nord prépare pour cette semaine des manoeuvres interarmes. Les casernes situées sur les îles nord-coréennes proches de la frontière maritime - contestée par Pyongyang - ont placé leurs canons en position d'attaque, ont indiqué des responsables du ministère.

L'armée «est prête à mener une guerre totale», avait lancé vendredi le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un tandis que son allié chinois a appelé «au calme et à la retenue».

La présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, entrée en fonction il y a deux semaines, avait de son côté jugé la situation «très grave» et promis de répondre «fermement» à toute provocation du Nord. Elle a réuni son cabinet ministériel lundi, pour la première fois depuis le début officiel de son mandat, mais plusieurs postes, dont celui de ministre de la Défense, restent à pourvoir.

Enfin, Séoul a ouvert une enquête à la suite d'informations de presse affirmant que plusieurs militaires de haut rang étaient occupés ce week-end à jouer au golf alors que la tension est à son comble. (afp)

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