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Tensions entre Bagdad et Washington

NATIONS UNIES - La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki ont gardé leurs distances lors d'une conférence internationale sur l'Irak samedi, signe des tensions entre les deux pays suite à une fusillade à Bagdad impliquant des employés de l'entreprise de sécurité privée américaine Blackwater, qui a provoqué les foudres des autorités irakiennes.

Les deux dirigeants se sont tout juste salués avant cette réunion au siège des Nations unies à New York, à laquelle participaient les pays voisins de l'Irak, dont l'Iran et la Syrie, ainsi que d'autres pays dont la France, représentée par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

Mais ni Mme Rice ni M. Al-Maliki n'ont abordé le sujet de la fusillade, selon le porte-parole du Département d'Etat américain Tom Casey.

David Satterfield, coordinateur du Département d'Etat pour les affaires irakiennes, avait auparavant déclaré que les deux dirigeants ne s'étaient pas parlé face à face. Il a en revanche précisé qu'ils avaient évoqué le sujet de la fusillade lors d'une conversation téléphonique.

S'adressant à la presse après la réunion, Mme Rice n'a fait aucun commentaire sur l'incident de dimanche dernier, dans lequel 11 Irakiens ont perdu la vie, préférant se féliciter du «plein engagement» des pays présents samedi pour l'Irak. Selon Mme Rice, ils reconnaissent leur responsabilité de venir en aide au peuple irakien, en particulier par le biais d'une mission onusienne élargie.

La réunion intervenait alors qu'un haut responsable irakien à Bagdad a déclaré que les enquêteurs disposent d'un enregistrement vidéo dans lequel ont voit les employés de Blackwater ouvrir le feu sur des civils sans que ces derniers les aient provoqués. Le ministère de l'Intérieur irakien a également fait savoir que l'enquête a été élargie à six autres incidents impliquant la société américaine.

Devant le tollé provoqué par l'incident du 16 septembre, Mme Rice avait annoncé vendredi que les règles régissant les activités des société privées de sécurité, très présentes en Irak, allaient être passées en revue. Il s'agit notamment de la juridiction applicable pour juger, le cas échéant, ses employés, qui disposent actuellement d'une immunité tant en Irak qu'aux Etats-Unis.

Avant de rencontrer Mme Rice, M. Al-Maliki s'est entretenu avec le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, à qui il a promis que son gouvernement assurerait la sécurité des représentants onusiens dans son pays, si l'organisation venait à renforcer sa présence sur le territoire. Il a également jugé que la situation s'améliorait en Irak.

M. Al-Maliki est à New York pour assister à la session de l'Assemblée générale de l'ONU. En marge de ce rendez-vous, son emploi du temps compte plusieurs entretiens avec des dirigeants américains, dont le président George W. Bush. AP

Matthew Lee

mgh/v0003/v26/v50 (ap)

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