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Guerre en LibyeTentative de reprise d'Ajdabiya par les rebelles

Les insurgés ont tenté, avec le soutien aérien de la coalition, de reprendre la ville aux forces pro-Kadhafi.

Des bombardements aériens ont visé vendredi les positions des forces loyalistes à Ajdabiya (est), ville reprise récemment aux rebelles par les pro-Kadhafi. Les insurgés sont en embuscade. La sortie de la crise continue de tarauder toutes les chancelleries.

«Nous sommes entrés dans la ville d'Ajdabiya. Nous les harcelons», a assuré le colonel rebelle Mohamad Ehsayer. «Nous attaquons la porte est. Les pro-Kadhafi ont une quinzaine de chars et une cinquantaine d'hommes. Ils n'auront pas d'autre choix que de se rendre». Les insurgés espèrent récupérer la ville d'ici samedi.

Les rebelles ont mené vendredi vers Ajdabiya des incursions de plus en plus fréquentes. «Des voitures de révolutionnaires sont entrées dans le centre», selon des témoins. Un habitant a aussi accusé les forces libyennes d'utiliser des civils comme boucliers humains.

Deux grosses explosions ont retenti vendredi après-midi près de la ville sans qu'il puisse être possible de déterminer leur origine.

Exode vers le désert

Vivre à Ajdabiya devient très difficile. Des dizaines d'habitants ont fui vers le désert: «Jusqu'ici, on tenait le coup, mais là ce n'est plus possible», a raconté l'un d'eux. «Les femmes et les enfants pleurent sans arrêt. Nous avons des voisins sans voiture qui sont restés prisonniers sur place. Eux, ils doivent rester».

Des avions britanniques ont tiré dans la nuit de jeudi à vendredi des missiles sur des véhicules blindés, et un avion de chasse français a détruit une batterie d'artillerie de l'armée libyenne. La coalition internationale a maintenu sa pression militaire.

A Tripoli aussi, des tirs de la défense anti-aérienne et des fortes détonations ont également été à nouveau entendus. Dans le quartier rebelle de Tajoura, dans la banlieue est, la tension était palpable vendredi après les raids réguliers menés contre les nombreux sites militaires depuis le début des opérations de la coalition.

Initiative franco-britannique

La France et le Royaume-Uni prépareraient une initiative commune à l'approche du sommet de Londres prévu mardi, pour parvenir à une «solution» politique de cette crise. Le chef d'état-major français a assuré de son côté que l'espace aérien libyen était «sous contrôle». «Il n'y aura pas d'enlisement militaire au sens strict du terme car évidemment la solution est politique», a-t-il ajouté.

Pour le président français, Nicolas Sarkozy, «ce sera une initiative franco-britannique pour bien montrer que la solution ne peut pas être que militaire, elle sera forcément une solution politique et diplomatique», a-t-il expliqué vendredi.

Concernant la conduite des opérations, les pays de l'OTAN vont prendre le relais de la coalition pour la zone d'exclusion aérienne, mais pas tout de suite pour les frappes au sol. Une certaine confusion et des ambiguïtés demeuraient en tout cas en raison de clivages de fond sur le rôle de l'Alliance atlantique.

Des négociations doivent se poursuivre dimanche. L'objectif est de faire en sorte que l'Alliance prenne bientôt toutes les opérations en main, sans que l'ensemble de ses 28 pays membres n'aient à assumer des bombardements, que refuse notamment la Turquie.

Réunion Afrique-Libye

L'Union africaine (UA) a tenté de son côté de trouver une issue négociée avec des représentants de Tripoli. Les rebelles n'étaient pas représentés à cette réunion. L'UA a demandé la fin des hostilités et l'ouverture d'un dialogue entre les parties en conflit. Elle souhaite une «période de transition démocratique».

Le Qatar a annoncé vendredi que certains de ses avions de combat avaient survolé la Libye, devenant ainsi le premier pays arabe à participer à l'opération militaire internationale. Mais cette armée n'a précisé ni le lieu ni combien d'appareils avaient participé.

Le Comité international de la Croix-Rouge a pu débuter ses visites aux personnes détenues par l'opposition libyenne à Benghazi. Le CICR a eu accès à cinquante détenus dans un bâtiment militaire. (afp)

Le CICR a visité 50 détenus à Benghazi

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pu commencer des visites aux personnes détenues par l'opposition libyenne à Benghazi, a indiqué vendredi l'institution. Il a eu accès à 50 détenus dans un bâtiment militaire.

Les délégués ont pu s'entretenir en privé avec les prisonniers, a précisé l'organisation, conformément aux normes habituelles. Elle fera part de manière confidentielle de ses observations aux autorités locales.

Le CICR a actuellement treize délégués dans l'est de la Libye, à Benghazi et Tobrouk. Ils sont en train d'évaluer les conditions de sécurité pour savoir s'ils peuvent fournir de l'aide plus au sud et à l'ouest du pays où les combats se poursuivent, a indiqué l'organisation. Les autorités de Tripoli n'ont toujours pas donné leur feu vert à une intervention du CICR dans la partie sous leur contrôle.

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