Actualisé 02.12.2011 à 13:18

Catastrophe de Fukushima

Tepco publie un épais rapport

La compagnie japonaise Tepco qui exploite la centrale accidentée de Fukushima a rendu public vendredi un épais rapport éclairant les causes de l'accident.

Le rapport laisse de nombreuses questions sans réponse.

Le rapport laisse de nombreuses questions sans réponse.

Encore inachevé, le rapport de Tepco laisse maintes questions sans réponse, compte tenu du fait qu'il est encore impossible de pénétrer au cœur des installations, huit mois après la catastrophe. Ce document de 140 pages, rédigé par des experts extérieurs et accompagné de plusieurs annexes, décrit la séquence des événements.

Il décortique aussi la façon dont les équipes ont réagi dans des circonstances particulièrement exécrables (obscurité, sans électricité ni moyens de communication, parmi une montagne de débris, avec des répliques du séisme incessantes et la peur au ventre).

A plusieurs reprises, les détails, en partie déjà connus, montrent que les ouvriers, pompiers et autres intervenants ont employé des moyens apparaissant parfois désespérés pour tenter de conjurer le drame après le tsunami qui, plus que le séisme, a mis en péril les installations, rompu l'alimentation électrique et rendu absolument inutilisables tous les moyens de refroidissement.

250 salariés interrogés

Le tout a entraîné une fusion du combustible dans trois des six réacteurs ainsi que des explosions d'hydrogène et d'importants rejets radioactifs. Bien que rendant hommage aux équipes, «à commencer par le directeur de la centrale» (aujourd'hui remplacé pour cause de maladie) et estimant que les décisions ont permis d'éviter une aggravation de la situation, les rapporteurs notent que la compagnie n'était pas prête à affronter une catastrophe si grave.

Le rapport note aussi que certaines réactions ont été insuffisantes, notamment vis-à-vis de la prévention des explosions d'hydrogène, lesquelles, détruisant les bâtiments des réacteurs, ont rendu encore plus difficile le travail sur le terrain.

Les experts reprochent notamment à Tepco de n'avoir pas eu un «plan de gestion d'accident» basé sur un scénario de perte totale d'électricité, de sorte que tous les procédés, exercices et moyens prévus se sont avérés inutilisables, aboutissant à cette catastrophe. Ce travail d'analyse à mi-parcours est notamment basé sur l'écoute, depuis le mois de juin, de quelque 250 salariés de Tepco, et sur l'étude de nombreux documents. (ats)

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