Fukushima: Tepco s'apprête à extraire le combustible usé
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FukushimaTepco s'apprête à extraire le combustible usé

L'opérateur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima a indiqué mardi qu'il effectuerait un test avant de débuter ce mois-ci le retrait du combustible usé de la piscine du réacteur 4.

Cette tâche cruciale n'est pas sans risques. «Nous avons dit que nous allions commencer à retirer le combustible usé vers le milieu du mois de novembre, mais nous réaliserons d'abord un essai pratique avec l'ensemble des équipements», a expliqué une porte-parole de Tokyo Electric Power (Tepco).

«Nous avons déjà effectué un exercice avec le système qui sert à prendre le combustible, mais pas encore avec le caisson pour le récupérer», a-t-elle précisé.

Longue préparation

Tepco se prépare depuis des mois à cette opération, probablement la plus sensible depuis que le site a été déclaré «stabilisé en état d'arrêt à froid» en décembre 2011, six mois après le tsunami qui a ravagé la centrale.

Le retrait ne pourra de toute façon pas commencer tant que Tepco n'aura pas reçu l'autorisation formelle de l'Autorité nucléaire. Son président a appelé l'entreprise à une préparation maximale et à une extrême prudence.

Il s'agit d'extraire, avec une grue spéciale télécommandée, les 1331 assemblages usés et 202 neufs stockés dans la piscine du réacteur 4, dont le bâtiment a été en grande partie détruit par une explosion d'hydrogène en mars 2011, ce qui a fragilisé l'installation et rend indispensable le déménagement de ce combustible.

Piscine de désactivation

«Il est absolument nécessaire de déplacer dès que possible ce combustible dans un lieu sûr, car c'est actuellement trop dangereux», rappelle le professeur Hiroaki Koide, spécialiste des réacteurs nucléaires à l'Université de Kyoto.

Le déblaiement de tous les débris au-dessus du réacteur a été achevé en décembre 2012. Ensuite a été installé un dispositif spécial avec une grue sous une couverture construite pour minimiser les émanations radioactives lors des manipulations.

L'opération de retrait des assemblages consiste à extraire chacun d'eux à l'aide d'un caisson spécial pouvant en contenir une vingtaine. Une fois sorti, le combustible usé sera stocké pendant 10 à 20 ans dans une autre piscine de désactivation, plus sûre, ailleurs sur le site.

Risque de rejet radioactif

«En temps normal, c'est une opération classique effectuée à chaque fois que l'on doit changer le combustible du réacteur», rappelle Teruaki Kobayashi, responsable de la gestion des équipements chez Tepco.

Mais les circonstances sont tout sauf normales. «La piscine est pleine et a été durement fragilisée par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011», souligne M. Koide. Elle a depuis été renforcée, mais pas au point de recouvrer son intégrité initiale, selon le professeur qui souligne le risque lié à des tremblements de terre, très fréquents dans la région depuis la terrible secousse de magnitude 9 à l'origine du tsunami.

En outre, «si jamais le système qui permet cette opération laisse échapper un assemblage, il y a un nouveau risque de rejet de matière radioactive», ajoute M. Koide. «Compte tenu du fait que le combustible dans la piscine a pu être endommagé, il ne sera pas si aisé de le faire entrer dans le caisson», prévient-il. (ats)

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