Zurich: Terme «nègre» jugé tolérable: scandale
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ZurichTerme «nègre» jugé tolérable: scandale

Le Ministère public crée le débat. Cette semaine, il a déclaré inattaquable le tract d'un parti populiste.

par
Raphaël Pomey

Les Démocrates suisses doivent jubiler. A l'origine d'une vive polémique sur fond de débat sur la liberté d'expression, un tract électoral de cette formation d'extrême-droite vient d'être jugé non-délictueux. Distribué à 140'000 foyers début mars, il comportait un mots croisés dont une des définitions était la suivante: «Pour eux aussi, c'est mieux qu'ils restent sur leur continent.» La réponse, assumée par le parti, était «Neger», soit «nègre» en français. Un mois après avoir commencé à étudier le tract, le Ministère public est arrivé à la conclusion que ces déclarations ne bafouaient pas grossièrement la dignité humaine et ne pouvaient donc pas être attaquées.

«Dans quel autre but ont-ils pu être rédigés?», demande André Loembe, du Carrefour de Réflexion et d'Action Contre le Racisme Anti-Noir. Il juge qu'un manque de réactivité des politiques et des diplomates, lorsque l'on s'attaque au noirs en Suisse, entraîne des attaques impensables contre d'autres communautés. «La Suisse a été épinglée cette semaine pour son manque de lutte contre les discriminations, en voici un nouvel exemple», commente l'avocat Philippe Currat, spécialiste des droits de l'homme.

Quant au Bureau national français de SOS-Racisme, il tombe des nues: «Jamais un parti pourrait se permettre de dire de telles horreurs chez nous. En plus d'actions en justice, il y aurait immédiatement un scandale et un débat national.»

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