Actualisé 26.10.2011 à 06:52

Animation

Terne train-train pour Tintin

Plus comédie que film d'action, l'adaptation de Spielberg troque l'émotion pour l'esbroufe. Dommage.

de
Christophe Mentzer

Loin d'être un film multigénérationnel, cette production rivalise plus avec les studios Pixar qu'avec Hergé. Le réalisateur d'«E.T.» a tout misé sur la surenchère: effets spéciaux de pointe, scène de poursuite spectaculaire, frénésie de la narration. Si le souffle est coupé, l'émotion l'est tout autant.

Tape-à-l'œil, l'imagerie de ce Tintin version Hollywood contredit la technique de la ligne claire des albums, qui, elle, mettait en avant la simplicité et la limpidité. En gros, on est loin de l'alchimie de la bande dessinée, d'autant plus que la soif de justice du reporter original laisse place ici à un tempérament plus présomptueux. Quant aux seconds couteaux (Haddock, les Dupondt et les autres), ils sont plus caricaturaux que leurs modèles.

Le scénario, à mille lieues des enjeux sociopolitiques d'Hergé, n'est qu'une banale histoire de vengeance sans grande consistance. Spielberg avait abordé la retraite des aventuriers dans son ­qua­trième Indiana Jones; il aurait dû repenser à son film avant de se lancer dans cette entreprise sans goût ni grâce.

«Les aventures de Tintin - Le secret de la Licorne»

De Steven Spielberg. Avec Jamie Bell, Andy Serkis, Daniel Craig.

*

Trois questions à Jamie Bell

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez décroché le rôle de Tintin?

Le premier film que j’ai vu était «Jurassic Park». Tintin me fait rêver depuis mes 8 ans. Quand j’ai appris que le réalisateur que je vénérais m’avait choisi pour incarner un personnage que j’adore, je n’en revenais pas.

Etiez-vous inquiet de tourner virtuellement, par captation de mouvement?

Oui. Je ne comprenais pas ce que cela signifiait. Mais mon travail a été le même: jouer la comédie, donner vie au héros, exprimer ce qu’il ressent.

Quel type de réalisateur est Spielberg?

Face à lui, on souffre de ce que Daniel Craig appelle «le syndrome Spielberg»: j’avais l’impression de ne plus

savoir jouer! Mais il s’est montré très compréhensif. C’est excitant de le voir s’aventurer dans un domaine, l’animation, qu’il connaît peu.

Propos recueillis par Gabriel Lecomte

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