Actualisé 26.10.2014 à 12:58

Zone euro

Tests de résistance de la BCE: 25 banques échouent

Vingt-cinq des 131 principales banques de la zone euro ont échoué à l'examen global mené par la Banque centrale européenne (BCE), a indiqué dimanche l'institution monétaire.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé dimanche que 25 banques de la zone euro sur 130 avaient échoué à l'examen sans précédent du secteur, évaluant leur besoin en capital à quelque 25 milliards d'euros.

Parmi les banques concernées, l'institution monétaire de Francfort a notamment recensé 9 italiennes, 3 grecques, 3 chypriotes, mais également l'allemande Münchener Hypothekenbank ainsi qu'un petit établissement français, la Caisse de refinancement de l'habitat.

Cet audit a été mené sur la base du bilan des banques à fin 2013 et douze des 25 banques qui ont échoué ont déjà comblé leurs besoins de capital en levant environ 15 milliards d'euros en 2014, a souligné la BCE.

Les autres ont désormais deux semaines pour présenter aux autorités bancaires européennes leurs mesures pour combler ces besoins et auront entre six et neuf mois pour mener à bien ces plans.

En outre, un certain nombre de banques soumises à cet audit vont devoir réévaluer leurs actifs, à hauteur de 48 milliards d'euros au total, dont 37 milliards ne donnant lieu à aucun besoin de capital supplémentaire, a précisé dans un communiqué la Banque centrale européenne.

Actifs à risque

Par ailleurs, la BCE a identifié quelque 136 milliards d'euros d'actifs à risques, portant le montant total de ces actifs détenus par les banques de la zone euro à 879 milliards d'euros.

Cet examen «va doper la confiance publique dans le secteur bancaire», s'est félicité Vitor Constancio, vice-président de la BCE, cité dans ce communiqué.

«En identifiant les problèmes et les risques, il va aider à réparer les bilans et rendre les banques plus résistantes et robustes. Cela devrait faciliter la distribution du crédit en Europe, ce qui va soutenir la croissance économique», a-t-il ajouté.

Menée dans le plus grand secret, cette opération baptisée «Comprehensive Assessment», qui a mobilisé 6000 personnes, visait à connaître aussi précisément que possible la situation financière des banques, avant que la BCE n'endosse le 4 novembre le rôle de superviseur bancaire européen.

Elle s'est déroulée en deux temps. Depuis novembre 2013, la Banque centrale européenne a mené son «asset quality review» (AQR), radiographie des actifs et crédits détenus par 130 banques de la zone euro (plus la Lituanie), dont l'ampleur devrait être de nature à restaurer la confiance des investisseurs.

En parallèle, l'Autorité bancaire européenne (EBA), basée à Londres, a procédé à de nouveaux «stress tests», exercices de simulation pour tester la solidité des banques face à deux scénarii de risques. Le plus noir prévoit un retour en récession, sur fond de crise des marchés financiers et d'une chute des prix de l'immobilier.

Satisfecit à Bruxelles

La Commission européenne salue la publication des tests de résistance bancaires européens. Cet «exercice d'une ampleur sans précédent» va permettre, selon elle, de restaurer la confiance dans le système bancaire et de relancer le crédit.

L'exercice rendu public dimanche, «d'une ampleur sans précédent, apporte une grande transparence en ce qui concerne le bilan des banques européennes à la fin 2013 et permet d'identifier et de corriger les faiblesses», a estimé l'exécutif européen dans un communiqué.

«Là où des besoins en capital ont été identifiés, les autorités compétentes devront déterminer quelle suite à donner», indique la Commission, qui espère ainsi «restaurer la confiance dans le système bancaire de façon à ce qu'il prête de nouveau, aux particuliers et aux petites entreprises notamment», stimulant ainsi l'économie réelle.

Priorité aux privés

«Avoir un bilan de santé complet des banques n'est pas une fin en soi, ce qui compte c'est que nos banques aient les capacités de financer l'économie de manière durable et qu'elles soient suffisamment solides pour faire face à des difficultés qui pourraient perturber ce financement», a renchéri Michel Barnier, le commissaire européen en charge des Services financiers, dans un communiqué à part.

Pour la Commission, «la priorité est que les besoins en capital soient comblés par des sources privées. Si toutefois une aide publique est nécessaire, les règles concernant les aides d'Etat s'appliqueront», avec pour objectif de veiller à ce que ce «soutien soit aussi limité que possible». (ats/afp)

Liste des banques recalées

ITALIE: Monte dei Paschi di Siena, Banca Carige, Veneto Banca, Banco Popolare, Banca Popolare di Milano, Banca Popolare di Vicenza, Credito Valtellinese, Banca Popolare di Sondrio, Banca Popolare dell'Emilia Romagna

GRECE: Eurobank, National Bank of Greece, Piraeus Bank

CHYPRE: Bank of Cyprus, Cooperative Central Bank, Hellenic Bank

BELGIQUE: Axa Bank Europe, Dexia

SLOVENIE: Nova Kreditna Banka Maribor, Nova Ljubljanska banka

ALLEMAGNE: Münchener Hypothekenbank

FRANCE: C.R.H. Caisse de Refinancement de l'Habitat

IRLANDE: Permanent tsb

PORTUGAL: Banco Comercial Portugues

ESPAGNE: Liberbank

UBS (Luxemburg) a réussi

La Banque centrale européenne (BCE) a également examiné la filiale luxembourgeoise du numéro un bancaire helvétique UBS lors de son test de résistance des banques de la zone euro. UBS (Luxembourg) S.A. a facilement réussi l'épreuve.

Sur la base des chiffres à fin 2013, le ratio de fonds propres «durs» requis par la BCE en cas de crise atteint 9,9%, a indiqué la BCE dimanche. L'institut monétaire exigeait un minimum de 5,5%. UBS prend acte de ce résultat, a indiqué à l'ats une porte-parole de la grande banque helvétique. La BCE a examiné les banques disposant d'actifs globaux entre 30 et 50 milliards d'euros ou des établissements dont les actifs globaux représentent plus de 20% du PIB. UBS (Luxembourg) fait partie de ces derniers.

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