Votations du 28 février: Texte UDC rejeté en masse par les universitaires
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Votations du 28 févrierTexte UDC rejeté en masse par les universitaires

Un jour après les votations fédérales, les résultats du sondage en ligne de Tamedia, éditeur de «20 minutes», et de l'institut Sotomo révèlent le profil de ceux qui ont voté oui aux différents objets.

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ofu/cht

Le Conseil fédéral peut afficher le sourire: les Suisses ont suivi ses recommandations de vote dimanche. Ils ont repoussé les initiatives sur les criminels étrangers (58,9% de non) et contre la spéculation (59,9% de non), et accepté le second tube routier au Gothard (57% de oui). Le rejet de l'initiative sur l'imposition des couples ne contredit pas non plus les plans du gouvernement (50,8% de non).

Grâce au grand sondage en ligne de Tamedia (lire encadré), un profil des votants a pu être établi.

Initiative de mise en oeuvre

Le texte UDC n'a pas suscité de conflit générationnel. Aucune des tranches d'âges analysées par les politologues n'a voté majoritairement pour l'initiative de mise en oeuvre. L'objet a néanmoins reçu le plus d'approbation de la part des 55 à 64 ans. Près de 45% de cette tranche ont glissé un oui dans l'urne.

L'analyse des résultats du sondage a néanmoins permis de mettre à jour un fossé quant au niveau de formation des votants. On peut ainsi affirmer que plus les personnes sont formées, plus elles ont rejeté le texte agrarien. Celui-ci a été balayé par près de 75% des personnes ayant un diplôme universitaire, contre seulement 50% des votants n'ayant aucun diplôme en poche.

Autre point intéressant: une grande majorité des Suisses, ayant voté non à l'initiative populaire «Contre l'immigration de masse» le 9 février 2014, a également rejeté dimanche le texte de mise en oeuvre. Reste à noter que près de 20% des personnes ont changé de camp entre la votation d'il y a deux ans et celle de dimanche dernier. La majorité de ceux ayant voté oui en 2014 et non dimanche passé, affirment avoir changé d'avis parce qu'ils estiment que l'initiative de mise en oeuvre va trop loin.

Imposition des couples

L'initiative du PDC a obtenu davantage d'approbation des personnes croyantes que de celles sans confession. Le texte a été accepté par près de 50% de protestants et près de 60% de catholiques. Les personnes sans confession n'étaient que 40% a avoir soutenu l'initiative.

Etonnement, le revenu des ménages n'a pas joué un rôle important dans le comportement électoral des participants au sondage. Ainsi, les personnes gagnant moins de 3000 francs étaient presque autant nombreuses à accepter le texte que celles gagnant plus de 12'000 francs par mois.

En revanche, c'est sans grande surprise que l'on apprend que l'initiative sur l'imposition des couples a particulièrement séduit les personnes mariées (près de 63%). Les votants célibataires (environ 30%), en couple (environ 35%) et les veufs (environ 40%) étaient bien moins nombreux à glisser un oui dans l'urne.

2e tube au Gothard

De manière générale, notent les politologues, les données socio-démographiques n'ont pas eu beaucoup d'influence sur les résultats de ce scrutin. Si l'on constate que le texte a davantage été accepté par les hommes (plus de 60%) que par les femmes (plus de 50%), il faut néanmoins prendre ces résultats avec des pincettes.

Car selon le sondage Tamedia, les hommes possèdent plus souvent une voiture que les femmes. Par conséquent, ils étaient davantage concernés par l'objet de votation que les femmes.

Spéculation alimentaire

Les politologues ont relevé un seul point concernant le texte des Jeunes socialistes. Plus le revenu des votants est élevé, plus le texte a été rejeté. Seuls 30% des personnes gagnant plus de 12'000 francs par mois ont accepté l'initiative contre environ 45% pour celles gagnant moins de 3000 francs par mois.

Quelques informations sur le sondage

Au total, 67'016 personnes ont participé au grand sondage en ligne, réalisé du 26 au 28 février sur les sites des différents titres de Tamedia. Les politologues Michael Hermann et Thomas Milic du centre de recherche Sotomo à Zurich ont pondéré les réponses en fonction de variables démographiques, géographiques et politiques afin de correspondre le plus étroitement possible à la structure de la population suisse.

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