Thaïlande: un nouveau gouvernement intronisé sous loi martiale
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Thaïlande: un nouveau gouvernement intronisé sous loi martiale

Le nouveau Premier ministre thaïlandais Surayud Chulanont, issu du coup d'Etat militaire du 19 septembre, a dévoilé lundi la composition de son gouvernement.

Le cabinet est dominé par des bureaucrates, alors que la loi martiale reste en vigueur pour l'instant.

Sur les 26 noms annoncés lundi, seuls deux sont des militaires de carrière, à part le général Surayud, ce qui semble confirmer la volonté du nouveau régime de normaliser la situation à la suite du putsch sans effusion de sang qui a renversé le Premier ministre Thaksin Shinawatra.

«Le roi a avalisé la liste des ministres» du nouveau cabinet, a annoncé le porte-parole en chef du gouvernement, Yongyuth Mayalarp, quelques heures avant une cérémonie de prestation de serment lundi en fin d'après-midi au palais.

Le gouverneur de la banque centrale, Pridiyathorn Devakula (59 ans), a été nommé vice-Premier ministre et ministre des Finances, tandis qu'un ancien ambassadeur de Thaïlande à Washington, Nitya Pibulsonggram (65 ans), s'est vu confier le portefeuille des Affaires étrangères, a ajouté le porte-parole.

Deux femmes

M. Nitya a également dirigé l'équipe de Bangkok aux négociations en vue d'un accord de libre échange avec les Etats-Unis, le plus important partenaire commercial du royaume, avant que ces pourparlers ne s'enlisent au début de l'année en raison de la crise politique en Thaïlande.

Le général Boonrawd Somtas, ancien chef d'état-major et camarade de classe du général Surayud, a été nommé ministre de la Défense. Diplômé de l'école militaire française de Saint-Cyr, il a également commandé différentes unités des forces spéciales. Il avait pris sa retraite de l'armée en 2002 à l'âge de 60 ans.

Le nouveau gouvernement, qui compte seulement deux femmes, comprend comme ministre de l'Energie Piyasvasti Amranand en dépit de plaintes d'associations de consommateurs qui lui reprochent ses positions favorables à la privatisation de l'entreprise publique d'électricité.

Krirk-Krai Jirapaet, bureaucrate connu pour son franc-parler, a décroché le ministère du Commerce. Un autre bureaucrate, Aree Wongariya, de confession musulmane, a été nommé ministre de l'Intérieur chargé de la sécurité intérieure.

Discussions avec la rébellion

L'auteur du putsch du 19 septembre, le commandant en chef de l'armée Sonthi Boonyaratglin, est lui-même de confession islamique. Il est le premier musulman à diriger l'armée de la Thaïlande, pays largement bouddhiste qui est confronté depuis près de trois ans à une insurrection musulmane dans l'extrême Sud.

Le général Sonthi s'est déclaré favorable à des discussions avec les rebelles du Sud islamisé, qui pourraient se tenir le mois prochain.

Le général à la retraite Surayud Chulanont, ancien chef de l'armée et conseiller du roi Bhumibol Adulyadej, avait été nommé le 1er octobre Premier ministre par la junte militaire qui a renversé M. Thaksin, homme d'affaires controversé, élu en 2001 et réélu en 2005.

Dans la foulée du coup d'Etat, les militaires avaient décrété la loi martiale, annulé des élections prévues, interdit tout rassemblement public et imposé des restrictions aux médias.

Elections prévues en 2007

La loi martiale est toujours en vigueur alors qu'une Constitution temporaire, dévoilée au début du mois par la junte, accorde de larges pouvoirs aux militaires, dont le droit de limoger le Premier ministre.

«La question de la loi martiale sera discutée par le cabinet qui déterminera le moment approprié» pour la lever, a déclaré lundi le porte-parole gouvernemental.

Surayud Chulanont dirigera cette équipe de transition en principe jusqu'à des élections annoncées pour le mois d'octobre 2007. (ats)

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