The Rambling Wheels: «Quand on est sur scène, on a envie de tout lâcher»
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The Rambling Wheels: «Quand on est sur scène, on a envie de tout lâcher»

NEUCHATEL – Le groupe neuchâtelois s'est produit samedi 21 avril à la Case-à-Chocs, lors de la soirée «Mediastica».

Rencontre avec trois des quatre membres d'un groupe rock'n'roll: Fuzzy O'Bron, Mr. Jonfox et Dr. Rafenbacker.

Présentez-vous

Dr R.: Je suis Dr Rafenbacker, guitariste-chanteur.

Mr. J.: Je suis Mr. Jonfox, bassiste et éventuellement backeur.

F.: Je m'appelle Fuzzy O'Bron, et je suis guitariste-chanteur.

Comment tout ce beau monde s'est-il rencontré à la base?

J.: Fuzzy a décidé de créer un groupe sans grande prétention, après une terrible déception, et il a demandé à ses potes de se joindre à lui. On était alors trois musiciens, Fuzzy, Papayoo Kustolovic le batteur, et moi. Mais, comme on n'était pas assez bons, on a décidé de prendre Dr. Rafenbacker dans le groupe. (Rires.)

F.: Au départ, on n'avait pas de nom, parce qu'on ne le méritait pas, et, quand on s'est rendu compte qu'on était quand même un groupe, on a trouvé le nom The Rambling Wheels.

Comment avez-vous trouvé ce nom?

F.: Par hasard.

Dr. R: Cela nous a pris une journée. Comme l'oncle de Mr. Jonfox possède une entreprise de vélo qui se trouvait à côté de notre local, ça nous a donné envie de voyager par la musique et donc de s'appeler The Rambling Wheels.

Et vos propres noms?

F.: C'est nos mamans qui nous les ont donnés. On est nés comme ça. (Rires.)

Dr. R: Moi, ça vient d'une guitare Rickenbacker que j'avais et que j'aimais bien. Et, comme je m'appelle Raph, le mix a donné Rafenbacker.

Mr. J: Comme mon oncle qui avait l'entreprise de vélo s'appelait Hans Fuchs, moi, c'est pareil, mais en anglais.

F.: C'est en hommage à mes pédales et à moi-même. (Rires.)

Dr. R: Et Papayoo, ce sont ces origines de l'Est. C'est un noble de Russie.

F.: Une légende raconte que son arrière-grand-père était capitaine sur la mer rouge et son bateau s'appelait le «Kustolovic».

Vous présentez un nouveau EP 5 titres, «No Fortune For The Wheels». Est-ce annonciateur d'un album?

F.: L'idée de ce maxi-EP, à la base, était vraiment de se faire plaisir. Ce sont des morceaux qu'on avait envie d'enregistrer sur le moment mais qui ne seraient pas sur un futur album puisqu'au moment de réenregistrer un nouvel album ils ne seraient plus d'actualité. On a donc enregistré ces cinq titres. Ensuite, comme on avait réalisé un clip, on a voulu le mettre sur un support, et, au fur et à mesure, est venue l'idée de faire un DVD en bonus avec le CD.

Mais pourquoi n'avoir mis que cinq morceaux?

F.: Parce qu'on voulait avoir plus de nouvelles choses pour faire un album, mais qu'on avait quand même envie d'enregistrer à ce moment-là ces cinq titres pour nous, pour immortaliser cette période de l'existence des Rambling Wheels. A la base, on a vraiment conçu ce disque comme un produit bonus pour les fans.

Mr. J: C'est un peu une photo de famille avant la grosse réunion de famille. Mais ce projet nous plaît beaucoup parce qu'il nous ressemble. Les Rambling Wheels, ce n'est pas que de la musique, c'est aussi des images, des stupidités, tout ce qu'il y a derrière et que l'on a pu réunir notamment sur le DVD. Il nous représente bien.

Comment vos fans peuvent-ils acquérir «le précieux»?

F.: Lors de nos concerts, dans quelques magasins et sur notre site www.theramblingwheels.ch

Et d'où est venue l'idée du concept de la très belle pochette?

Dr. R: On a toujours aimé faire des pochettes qui rassemblent beaucoup de monde. Déjà sur notre premier maxi, «Invasion Begins», on s'était mis plein de fois, déguisés différemment. Pour notre album, on avait rassemblé plein de potes qui posent au mois de mars en maillots de bain sur une plage. On aime bien avoir beaucoup de détails et de trucs accrocheurs sur la pochette.

F.: Et là on s'est dit que pour une fois on ne serait pas sur notre pochette… parce qu'on y est mort.

Mr. J: A la base, sur notre premier disque, des extraterrestres nous attaquent, sur le deuxième c'est un monstre marin, et j'avais proposé une réception à la James Bond pour ce troisième projet, et finalement on s'est plutôt rapprochés du Cluedo dans l'idée. D'ailleurs les meurtriers sont sur la pochette…

Dr. R.: On aime bien ce genre de détails, où l'auditeur va s'amuser avec la pochette.

F.: C'est ce qui peut encore sauver le disque, mettre le paquet sur la pochette pour forcer les gens à acheter le disque au lieu de télécharger les morceaux sur Internet.

Au niveau de la réalisation musicale, comment se créent les morceaux?

Dr. R.: En général, Fuzzy ou moi-même arrivons avec une idée ou une maquette déjà pseudo-enregistrée. On la fait écouter aux autres et on essaie d'en faire un morceau en l'arrangeant. Ou alors cela arrive qu'en répétant une idée arrive avec un riff accrocheur et on brode autour. C'est des idées de base que l'on amène, et, pour vraiment avoir l'identité Rambling Wheels, on aime bien finaliser tous ensemble.

Avez-vous l'impression d'avoir une couleur de son Rambling Wheels reconnaissable?

Dr. R.: Il y a des influences que l'on ne peut pas négliger, mais on essaie quand même d'avoir notre propre son avec la manière qu'à chacun d'entre nous de jouer.

F.: Je pense qu'au niveau du son on a sûrement une identité un peu particulière, dans le sens où on n'est pas tous de virtuoses, ce qui influence pas mal le son d'une manière générale. Même si on a de fortes influences sixties, on n'est pas obsédés par ce son-là, on a juste envie que ça sonne naturellement. On a un son assez brut.

Comment avez-vous appris à jouer de la musique? D'où est venue cette envie de réaliser une musique aux sonorités sixties?

Mr. J.: Moi, à la base, j'ai fait de la musique vraiment par hasard. J'ai toujours rêvé de faire de la musique comme tous les enfants. Et quand j'ai rencontré Fuzzy O'Bron, il m'a fait découvrir cette musique style sixties qui est finalement superintéressante, plus que ce qui se fait actuellement.

F.: Les sixties, je les ai découverts un peu sur le tard, juste avant de monter le groupe. Mais je n'ai en fait jamais réfléchi à faire un morceau qui sonne sixties. Le fait d'être baigné là-dedans m'a indéniablement influencé. Pour la guitare j'étais totalement autodidacte, et mes compositions sont assez minimalistes, ce qui fait sûrement que cela sonne sixties puisque c'était une musique pas du tout intellectualisée. C'était les jeunes qui balançaient ce qu'ils voulaient sur leurs instruments.

Dr. R.: Pour ma part, c'est un peu spécial. J'ai pris des cours de guitare pendant quelques années et après je me suis plus ou moins débrouillé avec mes bases. Mais, au départ, j'écoutais plutôt du son plus compliqué que ce qui se faisait dans les années 1960. Mais, une fois arrivé dans le groupe, j'ai commencé à découvrir ce monde sixties et en fait il est tellement frais, naïf et naturel qu'il plaît rapidement. C'est assez simple, spontané et on arrive facilement à toucher les gens, les faire danser.

Vous êtes un peu les seuls Romands à vous aventurer dans ce style musical, non?

F.: Il y a un peu plus de groupes qu'à nos débuts. Quand on a commencé, il y avait un peu cette vague revival rock'n'roll, mais plutôt dans les têtes d'affiche anglo-saxonnes. Maintenant, si on regarde sur la France et sur la Suisse, il y a de plus en plus de groupes qui exploitent ce créneau.

Que ressentez-vous sur scène?

F.: C'est un peu la liberté. C'est un break.

Mr. J.: C'est en même temps supersexuel. Déjà, avant de monter sur scène, c'est très excitant, et quand on est sur scène, on a envie de tout lâcher, et c'est là que tu partages.

Dr. R.: C'est la récompense du musicien. On créé des morceaux et on les répète pendant des heures, mais, une fois qu'on arrive sur scène et qu'on peut transmettre ça aux gens, c'est vraiment un accomplissement. Quand les gens dansent et chantent nos propres chansons, c'est quelque chose qui me touche beaucoup, il n'y a rien de plus chouette pour un musicien.

Pourquoi chantez-vous en anglais?

F.: Cela vient de nos influences. Tout ce qu'on écoute est anglophone et la musique qu'on aime sonne vraiment bien en anglais. C'est donc naturel pour nous de chanter en anglais.

Décrivez votre groupe en trois mots…

Dr. R.: Frais, sautillant et accrocheur.

F.: Décalé, agaçant et irrésistible.

Mr. J.: Sexy, fringué et rock.

Fabrice Aubert

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