LausanneThéâtre de Vidy occupé: le dortoir a été démonté
Des pourparlers ont duré toute la journée lundi, après l’irruption du collectif 43m² dans l’institution culturelle. Les parties ont accepté de couper la poire en deux.
Après avoir installé un premier centre «sauvage» dans les jardins de la Haute école de travail social à Lausanne, puis dans une halle de Beaulieu, le collectif 43m2 est à l’origine d’un nouveau coup d’éclat. Le groupe, qui milite pour une meilleure prise en charge des sans-abris dans la capitale vaudoise, a choisi d’ériger un centre d’hébergement d’urgence autogéré dans les locaux du Théâtre de Vidy. Ses membres ont fait irruption sans autorisation dans les locaux et sur la terrasse de l’institution culturelle.
De longues négociations se sont alors tenues entre le collectif, la direction du théâtre et les autorités de la Ville. Car si ces installations sauvages ne perturbaient pas directement la tenue des représentations, elles constituaient néanmoins un obstacle conséquent à l’accueil du public. Aucun spectacle n’était programmé ce lundi soir, mais ce sera en revanche le cas mardi. «On a voulu interpeller des milieux que l’on pensait aussi alliés dans la cause des sans-abri, explique une militante. Ce théâtre est une institution connue, et dont la mission est aussi sociale.» Et d’interpeller par ce biais le Canton. La Ville de Lausanne subventionne à hauteur de 7,9 millions ce lieu de renommée internationale, rappelle «24 heures».
Dortoir démonté, tentes conservées
En début de soirée, le directeur des lieux, Vincent Baudriller, a indiqué que la solution intermédiaire proposée par le théâtre avait été trouvée: les membres du collectif ont accepté de démonter le dortoir créé dans le foyer du théâtre. En revanche, les tentes érigées à l’extérieur resteront jusqu’à ce week-end. Elles serviront à la fois de lieu d’accueil de jour pour les sans-abri et de lieu de débats sur cette problématique. De nouvelles discussions devaient avoir lieu concernant l’organisation de cette structure.
Par ailleurs, l’équipe du théâtre va rester en contact avec le collectif afin de mettre à disposition de personnes dans le besoin l’un ou l’autre des logements qui servent à loger les artistes. «Nous allons étudier le planning et, quand ce sera possible en fonction de l’occupation de ces appartements, ils serviront d’hébergement temporaire. C’est quelque chose que nous avons du reste déjà fait par le passé», détaille Vincent Baudriller.
Le directeur dit ne pas craindre la réaction du public lorsqu’il découvrira les tentes dans la cour, mardi. Pour lui, le théâtre – comme la culture en général – est un lieu où les débats sur les sujets de société ont leur place. Du reste, la représentation programmée mardi est la première du spectacle de Marion Duval, qui aborde notamment le thème de la précarité, précise Vincent Baudriller.
«Aucune occupation illicite tolérée»
La Municipalité de Lausanne a exigé lundi l’évacuation des locaux du théâtre, selon sa «pratique constante de ne tolérer aucune occupation illicite de bâtiments publics». Elle précise que l’espace qui sera maintenu en extérieur jusqu’au week-end est destiné au dialogue et à la sensibilisation mais qu’aucun hébergement n’y sera admis. Elle souligne par ailleurs qu’une table ronde sur les hébergements d’urgence s’est justement tenue lundi matin et rappelle que 212 places sont actuellement disponibles sur son territoire. Et de nouveaux hébergements de transition, d’une capacité de 35 places, ont été ouverts à Renens, en partenariat avec cette commune et le Canton de Vaud.


