Canton d'Argovie: Thérapie refusée à l'assassin de Rupperswil
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Canton d'ArgovieThérapie refusée à l'assassin de Rupperswil

Tout comme la justice argovienne, le Tribunal fédéral a estimé que les conditions d'un traitement n'étaient pas remplies pour le trentenaire condamné à vie pour son quadruple meurtre.

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La procureure Barbara Loppacher avait renoncé à faire appel dans un premier temps. Mais après le recours du condamné, elle s'y est décidé dans le délai légal. (Lundi 22 octobre 2018)

La procureure Barbara Loppacher avait renoncé à faire appel dans un premier temps. Mais après le recours du condamné, elle s'y est décidé dans le délai légal. (Lundi 22 octobre 2018)

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Thomas N. fait recours contre son internement. (Jeudi 13 septembre 2018)

Thomas N. fait recours contre son internement. (Jeudi 13 septembre 2018)

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Georg Metger (à droite), compagnon de la mère assassinée, publie un livre sur le drame. (Vendredi 13 avril 2018)

Georg Metger (à droite), compagnon de la mère assassinée, publie un livre sur le drame. (Vendredi 13 avril 2018)

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La thérapie ambulatoire réclamée par le quadruple assassin de Rupperswil (AG) ne peut pas lui être accordée. En effet, ce trentenaire condamné à vie l'an passé fait aussi l'objet d'un internement. Une telle mesure présuppose qu'il est incurable à long terme.

Agé alors de 29 ans, l'homme avait tué quatre personnes en 2015 dans un appartement de Rupperswil. Il a été condamné en mars 2018 pour assassinats, extorsion, séquestration, prise d'otages, acte d'ordre sexuel avec un enfant, incendie et pornographie, notamment.

En première instance, le Tribunal de district de Lenzbourg avait ordonné en outre une mesure thérapeutique ambulatoire et l'internement ordinaire. Devant le Tribunal cantonal, le Ministère public avait obtenu la levée de la mesure thérapeutique.

Dans un arrêt publié mercredi, le Tribunal fédéral confirme la position de la dernière instance argovienne. Il rappelle que le prononcé d'une mesure thérapeutique suppose qu'une amélioration concrète des troubles psychiques liés aux infractions soit suffisamment vraisemblable dans les cinq ans.

Conditions pas remplies

Or le condamné a écopé d'une peine de détention à vie assortie d'un internement ordinaire. Ce dernier, qui n'a pas été contesté par un recours, suppose que l'homme ne soit pas accessible aux soins sur le long terme. Les conditions d'un traitement ne sont donc pas remplies, conclut la haute cour.

Le matin du 21 décembre 2015 à Rupperswil, le prévenu a commis l'un des crimes les plus graves de l'histoire en Suisse. Armé d'un couteau de cuisine, il a sonné à la porte du domicile des victimes, s'est présenté à la mère de famille comme un psychologue scolaire mandaté pour un prétendu cas de suicide d'une élève victime de mobbing à l'école que fréquentait le fils cadet.

Après avoir gagné la confiance de la femme de 48 ans, il s'est entretenu avec le garçon de 13 ans, puis a sorti son couteau. Sous cette menace, la mère de famille a été forcée de réveiller le fils aîné de 19 ans et sa petite amie de 21 ans, puis de les ligoter.

Le ravisseur l'a ensuite contrainte à aller retirer 11'000 francs sur deux comptes bancaires, prétendant qu'un complice la surveillait à distance. A son retour, il l'a également entravée. Il a ensuite abusé sexuellement du fils cadet dans sa chambre. Après avoir égorgé ses quatre victimes, il a mis le feu à la maison.

L'enquête a révélé que, dans les mois qui ont suivi, l'assassin a cherché à nouveau des garçons sur Internet, espionné les familles de deux d'entre eux et préparé son sac à dos contenant ses instruments criminels. Il a été arrêté le 12 mai 2016, avant de pouvoir passer à l'acte une nouvelle fois. (arrêt 6B_237/2019 du 21 mai 2019) (nxp/ats)

(NewsXpress)

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