Actualisé 29.01.2019 à 06:43

BrexitTheresa May croise le fer avec les députés

La Première ministre britannique affronte mardi une énième bataille parlementaire sur le Brexit.

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La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

AFP
Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

AFP
Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

AFP

Affaiblie mais déterminée à mener à bien la sortie de son pays de l'Union européenne, la Première ministre britannique Theresa May affronte mardi une énième bataille parlementaire sur le Brexit.

Depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2016, la dirigeante conservatrice a été ballottée de crise en crise, à cause de ce dossier qui occupe tous les esprits et les débats au Royaume-Uni sans qu'aucune solution ne se dessine pour l'instant.

Au printemps 2017, Mme May, 62 ans, perd sa majorité parlementaire après des élections législatives qu'elle a convoquées pour tenter de renforcer sa main dans les négociations. Ensuite, plusieurs ministres de premier plan claquent la porte de son gouvernement, critiquant sa stratégie sur le Brexit.

Deux votes de défiance

Et au cours des deux derniers mois, son accord de Brexit difficilement négocié avec Bruxelles est rejeté massivement par les députés britanniques tandis qu'elle doit affronter deux votes de défiance, l'un à l'initiative de son propre parti, l'autre de l'opposition travailliste.

L'accord sur le Brexit est rejeté

Le 15 janvier 2019, le Parlement britannique a rejeté l’accord de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Les options possibles.

A chaque fois, elle s'est relevée et est repartie vaillamment au combat, répétant comme un leitmotiv qu'il était de son devoir de sortir son pays de l'UE, comme l'ont décidé les électeurs. Pour ses soutiens, cela prouve sa ténacité et son courage. Pour ses opposants, elle est entêtée et incapable de changer de braquet quand cela coince.

L'arrivée au pouvoir de Mme May, au lendemain du référendum sur le Brexit, avait pourtant rassuré les Britanniques, sortis meurtris d'une campagne référendaire fratricide. Elle est réputée sérieuse et prudente, et ne fait pas dans la polémique politicienne.

«Je ne fais pas la tournée des plateaux de télévision. Je n'ai pas de potins à partager pendant le déjeuner. Je ne vais pas boire des verres dans les bars du Parlement. Je fais juste mon boulot», se décrit la sexagénaire à la chevelure grise et à la silhouette un peu voûtée au moment de briguer Downing Street.

Sens des responsabilités

Elle qui s'était prononcée du bout des lèvres pour le maintien dans l'UE épouse immédiatement le résultat du référendum et affirme: «Désormais nous sommes tous des Brexiters». Le souci, c'est que le référendum n'a rien résolu et qu'elle ne parvient pas à unifier son parti, toujours profondément divisé entre pro et anti-UE.

Issue d'un milieu modeste, Theresa Brasier est née en 1956. Fille unique, elle grandit à la campagne, dans le charmant décor des Cotswold, où son père est pasteur. Déjà, elle a le sens du devoir. «Quand on est fille de pasteur, on a certaines responsabilités», dit-elle au Daily Telegraph en 2012.

Malgré son allure discrète, elle a aussi de l'ambition: à 12 ans, elle veut faire de la politique. Elle intègre l'université d'Oxford, où elle étudie la géographie et s'initie à l'art de l'argumentation au sein du fameux club de débat Oxford Union. C'est là qu'elle rencontre son mari, Philip, qu'elle décrit comme son «roc».

Après un passage à la Banque d'Angleterre, elle est élue en 1986 conseillère du district londonien cossu de Merton. Députée de Maidenhead depuis 1997, elle est la première femme secrétaire générale du Parti conservateur de 2002 à 2003. Elle s'illustre lors d'un discours en appelant les Tories, alors marqués très à droite, à se débarrasser de leur image de «nasty party» («parti des méchants»). «C'est une conservatrice qui croit en la justice sociale», dit d'elle son ancien proche conseiller Nick Timothy.

Image de froideur

Après avoir soutenu David Cameron dans sa conquête du parti en 2005, elle est récompensée par le portefeuille de l'Intérieur lorsqu'il arrive à Downing Street en 2010. Elle reste six ans à ce poste exposé, dans lequel elle s'illustre par sa gestion ferme des questions d'immigration et ses coupes budgétaires dans la police, qui lui valent des critiques quand le Royaume-Uni est la cible d'une série d'attentats revendiqués par le groupe djihadiste, État islamique au printemps 2017.

Décrite comme chaleureuse et pleine d'humour par ses proches, elle souffre d'une image de froideur dans ses interventions publiques qui lui vaut d'être régulièrement caricaturée en robot. Sa seule touche apparente de fantaisie: elle aime arborer d'énormes colliers assortis à ses tenues et des escarpins à motif léopard. Façon d'afficher que sous ses dehors lisses, elle sait «prendre des risques», selon son ancienne conseillère en relations publiques Katie Perrior. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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