Actualisé 15.02.2019 à 07:31

BrexitTheresa May se fait retoquer par les députés

La Première ministre britannique n'a pas eu gain de cause auprès du Parlement, jeudi soir.

1 / 150
La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

La large victoire promise au Premier ministre conservateur britannique Boris Johnson aux législatives lui laisse les coudées franches pour définir quel type de Brexit il compte mettre en oeuvre, en restant plus ou moins proche de l'UE. (Vendredi 13 décembre 2019)

AFP
Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

Une diplomate britannique chargée du Brexit à l'ambassade de Washington a démissionné, fatiguée des «demi-vérités». (Vendredi 6 décembre 2019)

AFP
Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

Le débat télévisé de vendredi était le dernier avant les législatives anticipées de jeudi. En toile de fond, le Brexit était présent. (6 décembre 2019)

AFP

La Première ministre britannique Theresa May a essuyé jeudi une défaite embarrassante au Parlement. Ce revers fragilise sa position dans les discussions qu'elle mène avec Bruxelles pour tenter d'obtenir une modification de l'accord de Brexit.

A six semaines de la date prévue pour la sortie de l'UE, les députés ont rejeté par 303 voix contre 258 la motion dans laquelle le gouvernement expliquait comment il souhaitait renégocier l'accord de divorce conclu avec l'Union européenne, qui avait été sèchement recalé lors d'un vote mi-janvier au Parlement britannique.

Dans cette motion, l'exécutif affirmait poursuivre un double objectif: obtenir des «arrangements alternatifs» au «filet de sécurité» censé maintenir une frontière ouverte sur l'île d'Irlande après le Brexit («backstop» en anglais) et écarter le scénario d'un «no deal», soit une sortie sans accord redoutée par les milieux d'affaires comme par une partie des députés.

«Où est-elle ?»

Mais les plus fervents Brexiters au sein du Parti conservateur au pouvoir refusent de voir le gouvernement cautionner l'abandon du scénario du «no deal». Ils avaient prévenu de leur intention de s'abstenir si la motion n'était pas reformulée et ont donc fait basculer le vote au détriment de Theresa May.

Si le vote n'a pas de conséquence contraignante pour l'exécutif, il affaiblit la Première ministre dans sa tentative de rouvrir les négociations avec Bruxelles : la dirigeante britannique, qui se prévalait jusque-là d'un «mandat clair» des députés pour modifier l'accord, vient de perdre cet appui.

Des «où est-elle ?» ont fusé à la Chambre des Communes, alors que la cheffe du gouvernement avait pris soin de ne pas assister à l'annonce des résultats.

Nombreux amendements rejetés

«Le vote de ce soir montre qu'il n'y a pas de majorité pour la ligne de conduite de la Première ministre», a tonné le leader du parti travailliste Jeremy Corbyn. «Le gouvernement ne peut pas continuer à ignorer le Parlement ou à tenter péniblement d'atteindre le 29 mars (la date du Brexit, ndlr) sans un plan cohérent».

Jeremy Corbyn, qui a une nouvelle fois accusé l'exécutif de «jouer la montre», a néanmoins lui aussi essuyé une défaite. Les députés ont rejeté par 322 voix contre 306 son amendement, visant à limiter les marges de manoeuvre du gouvernement. Un autre amendement, soutenu par le parti indépendantiste écossais SNP, exigeant de repousser la date du Brexit, a lui aussi été rejeté.

La députée conservatrice Anna Soubry a quant à elle retiré avant le vote son amendement, qui réclamait au gouvernement la publication d'une étude portant sur l'impact économique d'un Brexit sans accord. Elle a annoncé avoir obtenu de l'exécutif la garantie que les documents seraient rendus publics.

«Besoin de temps»

Engagée depuis deux semaines dans de nouvelles discussions avec l'UE, Theresa May peine à obtenir une réouverture des négociations. Alors que les dirigeants européens se montrent inflexibles, elle a reconnu mardi avoir «besoin de temps» pour trouver une issue.

La principale pierre d'achoppement demeure la question du filet de sécurité irlandais. Ce dispositif prévoit, en dernier recours, de maintenir le Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE, ainsi qu'un alignement réglementaire sur l'UE plus poussé pour l'Irlande du Nord.

Il est rejeté par les Brexiters, aux yeux desquels il empêcherait le pays de rompre les liens avec l'UE et de pouvoir mener une politique commerciale indépendante. Mais les dirigeants européens refusent de le modifier.

Theresa May a exposé trois solutions pour tenter de parvenir à un nouvel accord: instaurer une date limite à l'application du «backstop», laisser au Royaume-Uni la possibilité d'y mettre fin unilatéralement ou le remplacer par «des arrangements alternatifs».

Elle se laisse jusqu'au 26 février pour trouver une issue. Sans nouvel accord à cette date, un nouveau débat sera organisé, le lendemain au Parlement, sur la conduite à tenir. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!