Succession de Widmer-Schlumpf: Thomas Aeschi, un jeune ultralibéral pressé
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Succession de Widmer-SchlumpfThomas Aeschi, un jeune ultralibéral pressé

L'économiste de 36 ans connaît une carrière fulgurante. Ouvert au monde, il représente la jeune garde de l'UDC.

Thomas Aeschi est entré au conseil national en 2011.

Thomas Aeschi est entré au conseil national en 2011.

Jeune, dynamique, ultralibéral: le candidat zougois au gouvernement incarne la nouvelle génération de l'UDC. Thomas Aeschi, économiste de 36 ans sorti des hautes écoles de Saint-Gall et de Harvard, n'a adhéré au parti que deux ans avant d'être élu au Conseil national, en 2011. D'aucuns le voient déjà conseiller fédéral.

La carrière politique éclair du candidat zougois au gouvernement ne comporte pas que des avantages. Elle pourrait aussi dissuader la majorité des parlementaires de lui faire confiance, le 9 décembre prochain, lors de l'élection du successeur d'Eveline Widmer-Schlumpf.

Conseiller en entreprise, Thomas Aeschi s'illustre par sa pensée stratégique et son ouverture au monde. Il a notamment étudié durant deux semestres en Malaisie et en Israël. Membre de la Commission de l'économie et des redevances, il fait aussi partie de la délégation du Parlement auprès de l'UE et l'AELE.

Le déclic de l'EEE

C'est justement la politique européenne qui a éveillé l'intérêt du jeune politicien pour les affaires publiques, alors qu'il avait 13 ans. «Lors de la votation sur l'EEE, en 1992, j'ai senti qu'il s'agissait d'une question très importante, liée à l'indépendance et à l'avenir de notre pays», a souligné cet eurosceptique dans une interview.

Dans un discours estampillé UDC, Thomas Aeschi met en garde contre une «adhésion rampante de la Suisse à l'Union européenne». Et d'ajouter: «Plus j'ai voyagé dans le monde, plus j'ai constaté à quel point la Suisse se porte bien.» La Suisse se doit, à cet égard, de protéger le système de la démocratie directe, estime-t-il.

De la conviction à l'esquive

Président de l'UDC zougoise depuis le scandale sexuel ayant impliqué son prédécesseur au printemps dernier, le trentenaire aux dents longues est aussi vice-président du groupe UDC aux Chambres. Il se dit sur la ligne de son parti «dans les dossiers principaux».

Ainsi, la mise en oeuvre de l'initiative sur l'immigration ne devrait pas poser de problèmes, affirme-t-il à l'ats. L'UE n'a en effet pas intérêt à dénoncer les accords bilatéraux, Bruxelles profitant de l'accord sur les transports, selon lui.

Interrogé sur les implications de l'initiative de l'UDC sur la primauté du droit suisse sur le droit international, Thomas Aeschi esquive. Il se contente de rappeler que la démocratie est un pilier de l'Etat et qu'elle ne s'inscrit pas en contradiction avec le droit international, «bien au contraire».

Trop pressé pour le système suisse

Tous les aspects du système politique suisse ne semblent toutefois pas enthousiasmer l'homme pressé natif d'Allenwinden, une commune aisée du canton de Zoug. «Tout prend beaucoup trop de temps», se plaint le conseiller national, mû par l'efficacité.

En cas de succès dans trois semaines, Thomas Aeschi deviendrait l'un des plus jeunes élus de l'histoire du Conseil fédéral. La dernière personnalité à avoir accédé à la fonction suprême à un âge plus précoce était la démocrate-chrétienne Ruth Metzler. La ministre appenzelloise des Rhodes-Intérieures avait 34 ans lorsqu'elle a été élue en 1999. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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