Affaire Hildebrand: Thomas Jordan reprend la présidence
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Affaire HildebrandThomas Jordan reprend la présidence

Le vice-président Thomas Jordan reprend la présidence de la Banque nationale suisse ad intérim. Philipp Hildebrand l'a déclaré lundi devant la presse.

Thomas Jordan acceptera la présidence de la Banque nationale suisse (BNS) si le Conseil fédéral devait le nommer. Le vice-président de la BNS qui a repris le poste ad interim lundi regrette toutefois la démission de Philipp Hildebrand, a-t-il déclaré devant la presse à Berne.

La nomination du futur président de la BNS est du ressort du Conseil fédéral. Le Conseil de banque ne peut pas intervenir, a expliqué son président Hansueli Raggenbass. Il proposera en revanche au gouvernement le nom d'un troisième membre du directoire, aux côtés de Thomas Jordan et de Jean-Pierre Danthine.

Le Conseil de banque regrette la démission de M. Hildebrand, a ajouté M. Raggenbass. M. Hildebrand a pris cette décision pour protéger l'institution. La Suisse perd un banquier central de grande valeur qui possédait de très bonnes connections internationales et qui pouvait apporter beaucoup au pays.

La fonction de président de la BNS n'est pas compatible avec «ne fusse que l'ombre d'un soupçon», a relevé pour sa part le conseiller d'Etat Jean Studer, membre du Conseil de banque. D'autant plus s'il n'y a pas moyen de lever cette ombre.

Succession rapide

Thomas Jordan assumera la présidence jusqu'à nouvel avis. Le successeur de M. Hildebrand sera désigné aussi vite que possible, a promis M. Raggenbass. Il faut que la direction générale soit repourvue rapidement.

Critiqué pour sa gestion de l'affaire, M. Raggenbass a affirmé vouloir conserver sa fonction afin d'assurer la continuité au sein de l'institut d'émission. Mais il s'en ira si sa présence devait porter préjudice à la stabilité de la BNS, a-t-il assuré.

Pour éviter tout soupçon, le Conseil de banque a en outre décidé de faire vérifier par un cabinet d'audit toutes les transactions bancaires effectuées entre 2009 et 2011 par les six membres de la direction élargie de la BNS, a rappelé M. Raggenbass. En conférence de presse, Jean-Pierre Danthine et Thomas Jordan ont déclaré ne pas avoir effectué de transactions sur devises durant cette période.

La politique monétaire de la BNS, avec un taux de change minimum de 1,20 franc contre l'euro, reste inchangée, a relevé pour sa part M. Jordan. Cette stratégie sera poursuivie «avec détermination».

(ats)

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