Thon rouge: Barnier exige des preuves de Bruxelles
Actualisé

Thon rouge: Barnier exige des preuves de Bruxelles

Le ministre français de la Pêche Michel Barnier ne comprend pas la décision de la Commission européenne d'interdire la pêche au thon rouge en Méditerranée.

Dans une interview au «Journal du dimanche», il demande des explications à Bruxelles et exige des preuves sur le dépassement des quotas.

«Mon état d'esprit n'est pas d'entrer en guerre avec la Commission mais je veux l'obliger à expliquer ses décisions de manière intelligible», déclare M. Barnier.

«Les chiffres de la Commission s'appuient sur des estimations ou des projections plus que sur des faits. Mes chiffres à moi, basés sur les déclarations des pêcheurs, me disent qu'au moment de l'interdiction, 52% seulement des quotas alloués à la France avaient été pêchés», explique le ministre français.

«Je veux savoir où se trouve le problème. J'attends des preuves. S'il y a un problème de méthode, alors il faut changer de méthode», note-t-il.

Interrogé sur la fiabilité des chiffres fournis par les pêcheurs français, M. Barnier affirme que, si on lui «démontre» que les prises françaises ont été sous-estimées, il en prendra «acte» et le dira.

Le 13 juin, la Commission européenne a annoncé que la pêche au thon rouge serait interdite à partir du 16 juin en Méditerranée, soit deux semaines avant la fermeture officielle, les quotas de pêche annuels étant, selon elle, déjà atteints.

Cette décision a immédiatement suscité les protestations de la France et de l'Italie. Michel Barnier a d'ailleurs saisi le conseil des ministres de l'Union européenne pour contester cette interdiction. Le conseil «pêche» doit se réunir mardi.

La décision de la Commission «va à l'encontre du contrat de confiance qui la lie aux Etats membres». Et d'ajouter: «Compte tenu de la défiance actuelle des citoyens européens à l'égard de Bruxelles, il vaut mieux que les décisions soient motivées». (ap)

Ton opinion