Actualisé 25.03.2008 à 17:43

Tibet: débat agité au Conseil des droits de l'homme

Le délégué chinois a interrompu mardi tous les orateurs qui ont évoqué le Tibet lors d'une réunion du Conseil des droits de l'homme.

Les Etats-Unis, l'UE, l'Australie et le Canada ont demandé à Pékin d'engager le dialogue avec le dalaï-lama.

«Cette question relève des affaires intérieures de la Chine», s'est exclamé le délégué chinois en interrompant l'ambassadeur des Etats-Unis Warren Tichenor. Il a critiqué la politisation des débats et le retour à la politique «deux poids, deux mesures».

L'ambassadeur américain a pu ajouter deux phrases, avant que le délégué chinois demande à nouveau la parole pour un point d'ordre et que le président du Conseil, l'ambassadeur roumain Doru Costea lui donne la parole.

Le délégué chinois a à nouveau brandi sa pancarte pour interrompre le représentant australien qui s'exprimait également au nom du Canada, dès que celui-ci a évoqué la répression au Tibet.

L'Union européenne (UE), représentée par l'ambassadeur de Slovénie, a appelé les autorités chinoises à «ne pas faire usage de la force contre les personnes impliquées dans les manifestations et les manifestants à ne pas faire usage de la violence». L'ambassadeur Andrej Logar a aussi rappelé «l'importance que l'UE attache au droit de la liberté d'expression».

Le représentant de l'UE a demandé au gouvernement chinois «de répondre aux manifestations en accord avec les droits de l'homme reconnus internationalement».

Appel des ONG

Plusieurs ONG ont été interrompues de la même manière par le représentant de Pékin, arguant que le Tibet n'était pas à l'ordre du jour du débat consacré à la mise en oeuvre du programme d'action de la conférence de Vienne sur les droits de l'homme.

Au total, 65 ONG ont écrit au président du Conseil pour demander la tenue d'une session extraordinaire sur le Tibet et l'envoi d'une mission d'enquête dans la région autonome chinoise.

L'intervention du représentant d'Amnesty International a été interrompue deux fois par l'ambassadeur de Chine, alors que l'ONG appelait les autorités de Pékin à «relâcher toutes les personnes détenues pour avoir protesté pacifiquement» et «à éviter l'utilisation excessive de la force» au Tibet.

Reporters sans frontières s'est dit «scandalisé par les méthodes utilisées par les autorités chinoises pour empêcher le travail des journalistes étrangers pour couvrir la situation dans les régions du Tibet».

Réunion suspendue

Finalement, l'ambassadeur de Chine a demandé que la séance soit interrompue. Le Zimbabwe, Cuba, le Pakistan et le Sri Lanka notamment sont venus à son aide.

Par contre, l'UE et la Suisse ont estimé que des situations concrètes dans des pays pouvaient être abordées dans le cadre du débat sur le programme d'action adopté à Vienne en 1993. Le président a tenté vainement un compromis en demandant aux ONG d'éviter de se référer «principalement» à un pays et a finalement suspendu la séance. Le Conseil des droits de l'homme achève vendredi sa session de quatre semaines. (ats)

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