Irak: Tillerson dit dialogue, Abadi reste ferme
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IrakTillerson dit dialogue, Abadi reste ferme

Washington a reçu un accueil froid lors de sa visite en Irak où il prônait notamment le dialogue entre gouvernement et Kurdes.

Les prises de position du secrétaire d'Etat américain n'ont guère plus en Irak - ni en Iran. Ambiance froide. (Image - lundi 23 octobre 2017)

Les prises de position du secrétaire d'Etat américain n'ont guère plus en Irak - ni en Iran. Ambiance froide. (Image - lundi 23 octobre 2017)

Keystone

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson a appelé lundi le gouvernement irakien et le gouvernement régional du Kurdistan (GRK) à résoudre par le dialogue le conflit qui les oppose. Au coeur du différend figurent l'auto-détermination des Kurdes et le contrôle de certains territoires du nord de l'Irak.

Rex Tillerson est arrivé à Bagdad dans une atmosphère tendue et y a rencontré le Premier ministre Haïdar al Abadi ainsi que le président Fouad Massoum. En effet, le gouvernement irakien lui avait rappelé un peu plus tôt dans la journée que «personne n'avait le droit d'interférer dans les affaires irakiennes».

Haïdar al Abadi a ainsi plaidé en faveur du maintien des milices pro-iraniennes qui soutiennent l'armée irakienne depuis une semaine dans l'assaut contre les Kurdes pour reprendre le contrôle de la ville de Kirkouk.

«Nous sommes inquiets et un peu tristes», a commenté Tillerson dans la capitale irakienne. «Nous avons des amis à Bagdad et des amis à Erbil et nous encourageons toutes les parties à la discussion pour régler toutes leurs divergences».

Réponse au référendum

L'offensive lancée sur Kirkouk, située dans une région riche en ressources pétrolières, est une réponse au référendum d'autodétermination organisé le 25 septembre dans la région autonome du Kurdistan irakien. Les électeurs s'y sont massivement prononcés pour l'indépendance.

L'administration américaine s'est rangée du côté de Bagdad en rejetant la validité de cette consultation. Mais, comme Washington arme et entraîne forces irakiennes et peshmergas dans la lutte contre l'Etat islamique, elle a appelé les deux parties «à cesser immédiatement les opérations militaires».

«Nous ne voulons entrer en conflit contre aucune composante irakienne», a commenté Haïdar al Abadi lundi. «Lorsque nous sommes entrés dans Kirkouk, nous avons envoyé le message clair que les habitants de Kirkouk sont importants pour nous».

Milices soutenues par Téhéran

C'est la deuxième réunion entre Rex Tillerson et Haïdar al Abadi en autant de jour. Dimanche, les deux hommes ainsi que le roi saoudien Salman se sont retrouvés à Riyad, lors d'une rencontre historique.

A l'issue de cette entrevue, le secrétaire d'Etat américain a exhorté Bagdad à cesser toute collaboration avec les milices soutenues par Téhéran, qui ont combattu aux côtés des forces gouvernementales contre le groupe Etat islamique (EI). «Les milices iraniennes qui se trouvent en Irak, maintenant que les combats contre l'EI approchent de la fin, doivent retourner chez elles», a-t-il dit dimanche en Arabie saoudite. Le chef du gouvernement irakien a alors expliqué à son hôte américain lundi que les unités de mobilisation populaires (Hachd al Chaabi), ces milices chiites soutenues par l'Iran, font «partie des institutions irakiennes».

Déja «chez eux»

Téhéran non plus n'a pas apprécié la déclaration américaine. Les paramilitaires ne peuvent pas rentrer chez eux s'ils sont déjà «chez eux», a dit le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, cité par l'agence Irna.

Le chef militaire de la coalition chiite irakienne soutenue par l'Iran, Asaïb Ahl al Haq, a lancé un appel aux soldats américains présents en Irak leur demandant de quitter le territoire irakien.

Les États-Unis ont déployé plus de 5000 soldats en Irak et fourni un appui aérien et terrestre essentiel à l'offensive contre l'État islamique. C'est également le principal soutien de la coalition syrienne dirigée par les Kurdes qui a capturé le bastion de Raqqa des mains du groupe EI au début du mois. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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